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"En fait, je trouve que d'une manière globale, et tout bien considéré, l'univers est trop sérieux."
Dick Shaver

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Vendredi 29 décembre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

de capitale en capitale, la « tribu » fit passer son « message » : « protégeons ce que la Nature nous présente de plus beau : nous ne faisons que passer… laissons la faune & la flore s’épanouir pour que les enfants de nos enfants s’émerveillent à leur tour de ces splendeurs… ne considérons pas la Terre comme notre dû… respectons nos différences & mélangeons-nous si le cœur nous en dit !… »

ils eurent des fans inconditionnels… autant que de détracteurs… ceux-là se divisaient à peu près en 2 catégories : ceux que cette parole dérangeait dans leur soif toujours renouvelée de consommation inutile, & ceux qui s’estimaient propriétaires du « message » & trouvaient à redire sur la formulation ou bien y décelaient des intentions malignes (sans pouvoir bien définir lesquelles exactement, d’ailleurs)…

il y eut aussi le directeur d’1 casino de Las Vegas qui les voulut dans son show… prêt à débourser 1 million de dollars par semaine pour que Malcolm entouré des siens joua l’homme canon pour atterrir sur des ours chaque soir… les ligues de protection des animaux crièrent au scandale tandis que des chaînes de tévé proposaient des sommes faramineuses pour les droits de retransmission…

de toute façon, Malcolm refusa… à sa manière : il sauta sur le crâne du directeur de casino & l’assomma proprement ! la photo fit le tour du monde & les défenseurs de la Nature applaudirent unanimement, oubliant toute velléité de soupçon envers lui… la Mafia elle-même décida de ne pas « venger l’affront »…

au bout de 2 mois à naviguer d’hôtel en hôtel & d’aéroport en aéroport, au milieu de nuées de photographes, Malcolm & les siens se lassèrent… trop de monde… trop de bruit… trop de murs… trop de confort… pas assez de ciel pur & d’étendues désertes…

alors qu’une foule les attendait dans 1 palais des congrès pour 1 énième conférence, ils étaient déjà sur 1 bateau danois en partance pour le Gros N’Land…

ils retrouvèrent leur village où, dans l’allégresse, 1 grande fête fut organisée pour leur retour… comme à l’accoutumée chacun apporta vivres & boissons & la fête dura 3 jours & 3 nuits…

les années passèrent, le dos de Malcolm se courba, ses fils étaient devenus en âge de chasser pour lui… il resta l’unique utilisateur de sa technique de chasse & de génération en génération, il resta célèbre pour cela, suscitant envie & respect parmi les jeunes chasseurs qui écoutaient à la veillée les vieux raconter les exploits de Malcolm, l’homme tombé du ciel sur la tête d’1 ours…

C’EST FINI !…

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Samedi 23 décembre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

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pour Tippy, il n’était pas question d’avorter : pour des raisons techniques autant que religieuses, cela était impossible…

 

quelques mois plus tard (9 environ…) elle accoucha donc d’1 ravissante petite fille blonde comme elle, mais à la peau mate comme son papa…

 

mais la Tippy qui mit au monde ce bébé n’était plus la Tippy des débuts… elle avait retrouvé les glorieuses mensurations que la Nature lui avait destiné à l’origine… avec 70 kilos bien pesés pour son mètre 81, son 95 C lui permit d’allaiter généreusement la petite qui faisait la fierté du village…

 

en retrouvant son corps, Tippy avait aussi retrouvé son esprit… bien plantée sur ses longues jambes au galbe voluptueux, en équilibre sur ses pieds finalement pas si grands, en harmonie avec le reste, elle avait acquis la paix de l’esprit en même temps qu’1 remarquable dextérité pour déhousser les renards & les ours…

 

elle avait même parfois partagé la couche de Malcolm, avec l’assentiment joyeux de son pourvoyeur, & tous 2 y avaient pris 1 vrai panard…

 

lorsque le bateau accosta dans le petit port qui faisait office de comptoir commercial, toute la tribu était là, riant & chantant pendant que les marchandises étaient débarquées…

 

Malcolm, Tippy, Max, Stanislas & Stanislas avaient mis au point leurs plans pour leur retour : accompagnés de leur progéniture & de leurs compagnes & compagnons ils allaient faire 1 tournée à travers le monde pour militer contre le réchauffement climatique & pour la préservation du Gros N’Land au bénéfice des Inuits, ensuite ils reviendraient s’y établir pour y vivre en paix…
 

LA SUITE UN DE CES JOURS… 

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Mercredi 20 décembre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

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tout avait été prévu pour ne pas reproduire la 1ère expédition… l’armée de l’air uhesse fournit 1 nélico mahousse, empli de matériel de secours, de divers matériels de communication tous plus électroniques & satellitaires les 1 que les autres… & d’1 trèfle à 4 feuilles qu’1 petite fille avait envoyé à Tippy sur les conseils de sa maman qui voulait en faire 1 mannequin & qui comptait bien accrocher 1 peu de renommée à ce geste délicat en ayant prévenu les médias interplanétaires du « geste spontané » de son « adorable » fille de 10 ans qui déjà ne se nourrissait « rien que de la salade sans huile & de pommes sans pépins, & notez bien : des pommes américaines ! »…

 le nélico décolla sous les hourras…  

soit que la Providence fut d’humeur légère ce jour là, soit que le Ciel détesta les pipeuls, le drame inhérent à l’aventure humaine sur cette terre de douleur & de larmes voulut qu’1 bande d’oiseaux migrateurs passa par là au moment de l’atterrissage…  

 

après un peu de viande hachée projetée dans toutes les directions, le 2e nélico s’écrasa donc comme 1 merde molle dans la neige itou… & c’est en véritables larmes que Tippy se précipita dans les bras de Malcolm accouru…  

les bonnes Inuits prirent en charge Tippy, inquiètes de sa maigreur… choquée, Tippy ne se rendit pas compte de ce qu’elles lui firent ingurgiter… le lendemain matin, poussée par la Nature hors de l’igloo qui prenait des allures de harem, Tippy chercha en vain les toilettes… la malheureuse ne comprenait pas ce qui lui arrivait… forcément, ça faisait des années que la pauvresse n’avait pas fait caca… 

 

après diverses tentatives pour rester accroupie & ne pas s’étaler dans son ridicule petit étron (petit patapon !), elle vit avec horreur les chiens se précipiter sur la bectance : c’est 1 sale manie des clebs que de bouffer la merde, mais c’est bien pratique quand y’a pas de chasse d’eau comme c’est le cas au Gros N’Land… & là-bas personne ne s’en offusque…

 lorsqu’elle eu 1 peu repris ses esprits, Tippy crût à nouveau mourir quand elle compris combien le Malcolm célibataire sur lequel elle comptait était devenu le Malcolm père de 3 bambins & époux virtuel d’autant d’Inuits de type « grasse femelle rieuse pétant la forme »…

 la pauvre à l’esprit égaré ne parvint pas tout à fait à se remettre du choc… elle s’enfuit de l’igloo à 4 pattes, & c’est 1 beau chasseur qui la retrouva sur la banquise, au bord d’1 trou de phoque, prête à s’y faire congeler… il la déposa sur son traîneau & entreprit de la réchauffer sous les lourdes peaux d’ours…

 ça faisait 2 jours que Tippy n’avait plus pris ses pilules contraceptives & ce qui devait arriver… arriva…

 LA SUITE UN DE CES JOURS… 

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Mardi 19 décembre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

y'a des filles futées qui devinent la suite : sagaces mais sagaces !...

mais ça agace pas...

de toutes les façons : je ne changerai pas la suite, après tout, ce qui compte, c'est la façon de raconter...

 

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Lundi 18 décembre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

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ce que mon dentier ignorait (& le vôtre, par la similaire occasion : 3,20 euros sur eh-bé) c’est que le Malcolm avait laissé 1 quasi-presque-veuve derrière lui (& en –dessous) lorsqu’il avait validé son ticket pour l’espace…

1 mannequin vedette qui avait dans l’idée d’être plus ou moins sa fiancée, puisque c’est ce qu’affirmaient les magazines du bled où ils créchaient tous les 2 (1 patelin nommé New-York)

 

cette fille blonde de 22 ans ressemblait plus à la baïonnette qu’au canon de la beauté vu son maigre gabarit : 1m81 pour 52 kilos… les couturiers en étaient friands… les coutures aussi : elle ne les faisait jamais craquer… ça faisait 5 ans que « Tippy » ne mangeait quasiment plus afin que ses genoux se croisent dans 1 osseuse démarche aux bruits de castagnettes sur les podiums où ce cintre sur pattes se déhanchait avec les gargouillis de l’estomac couverts par la musique techno des défilés…

elle n’avait d’appétit que de réussite (argent, notoriété, etc.), son ambition la dévorait de l’intérieur… quand elle avait jeté son dévolu sur Malcolm, c’est parce que ses yeux l’avait vu sous la forme d’1 grande propriété avec piscine, limousine, voiture de sport & 4x4 dans le garage…

le soir même, Malcolm avait orné ses oreilles des genoux de la « belle » en se démenant entre des hanches qui ressemblaient plus à des portières de voiture anglaise qu’à ces voluptueuses courbes qu’on dit féminines…

aurait-elle absorbé la ration quotidienne moyenne accordée par les manuels à 1 femme adulte, qu’elle aurait été ravissante, mais ça n’était pas ce qu’elle recherchait… elle était si anguleuse qu’elle « accrochait » réellement la lumière qui se brisait sur les arêtes de ses pommettes… les photographes impavides l’encourageaient à ne pas changer & poussaient des cris de dindon en rut quand elle croquait 1 carotte crue… obéissante, elle jetait la carotte & tentait de rassembler ses forces pour se trémousser devant les objectifs…

elle ne pouvait prendre son pied avec 1 homme dans l’état de délabrement physique où elle se trouvait… son anorexie se prolongeait à tous ses sens, sa libido était descendue au zéro absolu… son genre d’homme était tous ceux qui, riches & connus voulaient bien lui promettre 1 vie de champagne, de paillettes & de flashs… Malcolm en faisait partie… l’ego de Monsieur était flatté de la compagnie d’1 « top-modèle », & enfiler sa queue dans ce con, humide par complaisance & non par plaisir, faisait partie, après tout, d’1 excellent plan marketing pour sa propre carrière…

lorsqu’il s’était envolé dans sa capsule, elle avait agité le mouchoir blanc brodé devant les caméras, pas mécontente de ce nouveau coup médiatique… lorsqu’il avait été déclaré disparu, elle avait abondamment mouillé le désormais fameux mouchoir pour les magazines « pipeuls »… apprendre ensuite qu’il était vivant, perdu au milieu des glaces avait relancé l’intérêt médiatique & elle n’avait qu’1 hâte : que le beau film auquel tous 2 participaient s’achève par des retrouvailles devant les photographes…

ses tarifs déjà prohibitifs avaient encore doublés depuis le début de cette aventure, & elle comptait bien conclure par 1 mariage en grandes pompes (elle chaussait du 42) cette « romance » du 21e siècle…

aussi son agent la persuada-t-il d’aller au-devant du héros, en menant à son tour 1 expédition vers le Gros N’Land… & pour ça, les tévés étaient prêtes à payer 1 Max…

 
on trouva donc 1 pilote à Guery (1 autre patelin) du nom opportun de Max…

LA SUITE UN DE CES JOURS…

 

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Samedi 9 décembre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

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l’hiver arriva tôt cette année, & les glaces se formèrent si vite qu’il devint évident qu’on ne pourrait venir les rechercher avant la fonte…

 

on croisait bien encore quelques ours blancs pris de vitesse qui se dépêchaient de trouver 1 H.L.M. (Habitat pour Long Mammifère ) pour la longue nuit…

 

Stanislas avait réussi à bricoler la radio… le temps d’envoyer quelques SOS & la batterie avait lâché : elle n’avait pas résisté au froid nocturne…

 

il fallu bien admettre que l’on devait s’organiser… Stanislas & Stanislas tiraient bien 1 peu la gueule, mais encouragés par quelques joviales Inuits, ils se préparèrent à ces mois nocturnes en se résignant…

 

bon gré, mal gré, les 2  Stanislas participèrent à l’accroissement naturel de la population locale… quand les premiers glaçons commencèrent à voguer librement sur la mer, 2 dames Inuits de plus étaient en attente d’heureux événements…

 

la chasse à l’ours pouvait reprendre… & les 2  Stanislas de découvrir avec ébahissement la technique mise au point par Malcolm bien malgré lui…

 

en kayak & en traîneau, la tribu avait repris son voyage…

 

Stanislas avait gardé avec lui la balise de détresse qui continuait d’émettre, & bien au chaud devant leurs écrans de contrôle, des gars à New-York s’amusaient à la regarder se déplacer, ça ressemblait à 1 vieux jeu vidéo des années 80… morts de rire, ils s’envoyaient de grandes claques dans le dos tout en buvant des sodas pourris dans des boites métalliques recyclables… fiers de vivre dans le progrès…

 

finalement, au bout de quelques menues orgies de pop-corn qu’ils firent glisser à coups de sodas sans cesser de mastiquer leurs chouhinn-gommes, les 3 tordus lancèrent l’opération de ramassage d’égarés-sur-la-banquise…

 

dans le monde entier on donne 1 nom à toute opération exceptionnelle… ainsi naquit l’opération « ramenez les phoques »… c’était 1 acte militant aux yeux de l’1 d’entre eux, & le politiquement correct n’avait pas encore atteint le 2e sous-sol où végétaient ces 3 rigolos…

 

LA SUITE UN DE CES JOURS…

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Lundi 27 novembre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

avant de se transformer définitivement en ravitaillement pour le cap’taine Igloo, tout le monde se rentra dans le home sweet home de Malcolm… on échangea les nouvelles… Malcolm présenta ses collègues de chambrée & sa marmaille aux 2 Bill médusés…

 

après 1 repas de fête auquel participa tout le village (car pour les Inuits, tout événement est prétexte à faire la fête), chacun se trouva 1 coin confortable pour dormir… ce qui n’est guère facilité par la forme circulaire d’1 igloo…

 

au réveil, Malcolm interpella Bill

 

« hein ? » fit Bill

 

« non , pas toi, je parle à Bill ! »

 

« ah bon, désolé ! » répondit Bill

 

« alors que veux-tu ? » demanda Bill

 

« ah ! c’est trop compliqué de vous appeler Bill tous les 2 !… je vais vous appeler Stanislas… c’est plus compliqué à taper, mais ça ne ressemble pas à Bill, au moins !… bon.. je veux savoir ce que t’es venu faire ici ?… me chercher ?… maintenant que t’es naufragé comme moi, va falloir que je t’enseigne la chasse à l’ours !… »

 

« pas question ! » s’exclama Stanislas

 

« on n’est pas là pour rester ! » ajouta Stanislas

 

« absolument ! » renchérit Stanislas

 

« cessez de me piquer mes répliques ! » grogna Stanislas

 

« qu’en savez-vous ? » rétorqua Stanislas

 

tout ça devenait très confus… c’est inuit comme les détails peuvent avoir leur importance…

 

pour faciliter l’affaire, Stanislas résolu de sortir essayer de faire fonctionner la radio…

 

satisfait, Stanislas reprit la discussion avec Malcolm…

 

« tu comptes bien revenir à N-Y, tout de même ?… »

 

« bien sûr !… mais maintenant que Stanislas & toi vous êtes plantés, on n’est pas plus avancés !… j’espère que la radio fonctionne… »

 

tout joyeux, Stanislas venait de rentrer… il les interrompit :

 

« super, les mecs : la radio fonctionne… j’ai pu capter le dernier single de Britney Spear !… »

 

« andouille ! s’écria Stanislas, ce qu’on veut savoir, c’est si on peut émettre ? »

 

« juste des hypothèses » répondit Stanislas, vexé, qui alla bouder dans 1 coin… avec les difficultés sus-mentionnées…

 

LA SUITE UN DE CES JOURS…

 

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Dimanche 26 novembre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

épisodes précédents : voir dans "Catégories" : "feuilleton Malcolm"

forcément, quand on entreprend des recherches à la manière uhessienne, on loue le gros nélico… direct… l’efficacité yankee ne doit pas céder… jamais : l’aller-retour est planifié en 2 jours & doit s’effectuer dans la journée : s’agirait pas d’rater les fax au bureau qui sautent de la machine comme des toasts d’1 grille-pain…

ainsi, Bill (appelons-le ainsi : 4 lettres rapprochées sur le clavier, c’est rapide à taper) se lança-t-il vers le Groenland, revêtu d’1 ensemble « parka-pantalon-moufles-bonnet-caleçon long » spécial » Pôle nord » & siglé haute couture, parce que  « quoi merde !… c’est pas parce qu’on va chez les sauvages qu’il faut perdre le respect de soi-même, non ?… »

le gros nélico décolla donc de la côte est du Groenland pour se diriger vers la côte opposée (l’ouest si vous suivez)…

d’après les indications recueillies par les marins danois, il y avait environ 300 km à franchir pour tomber sur Malcolm…

ce que même la puissance uhessienne ne peut maîtriser, ce sont les subites tempêtes de neige qui se lèvent d’1 coup avec des vents à décorner 1 bœuf musqué !

le nélico arrivait en vue du village Inuit où séjournait Malcolm lorsqu’1 rafale plus démente encore que les précédentes le rabattit carrément au sol où il s’écrasa mollement & resta renversé sur le côté…

aucun dommage corporel, mais 1 pale était bien tordue & il serait impossible de redécoller avec !

Malcolm faisait partie de la petite troupe qui se porta au secours de Bill & de son pilote (appelons-le Bill pour faire vite)…

quelles ne furent pas sa surprise & sa joie (c’est la phrase consacrée conseillée par le manuel dans ces circonstances) de découvrir son vieux pote Bill (je parle de Bill bien sûr, pas de Bill !)…

« tu te doutes que je me faisais de la bile » dit Bill

« pourquoi me parles-tu en français ? (why are you speaking to me in french ? ») demanda Malcolm

« because the play on words doesn’t work in english ! (« parce que le jeu de mots ne marche pas en anglais ! ») répondit Bill, vexé…

pour faire simple, je vais continuer en V.F.

« on n’est pas dans la merde ! » dit Bill

« comment ça ? » demanda Bill

« on pourra pas redécoller avec 1 pale dans cet état ! » expliqua Bill

«  qu’est-ce que vous proposez ? » demanda Bill sur le ton du chef prêt à déléguer

« je vais déjà voir si la radio fonctionne » proposa Bill

« écoutez les mecs : moi je n’arrive plus à suivre ! je ne sais plus qui parle ! & je suis sûr que les lecteurs s’y perdent aussi !… » s’exclama Malcolm, « toi Bill, tu seras Bill Un, & vous le pilote du nélico, vous serez Bill Deux… »

« pas d’accord ! » dit Bill-le-pilote, « mon nom de famille c’est Cloone, alors Bill Deux Cloone, je ne suis pas d’accord ! »

« mais de toute façon, en anglais ça n’est pas drôle ! » objecta Malcolm

« ouais, mais auprès des lecteurs français j’ai l’air d’1 con ! »

« sosoyez vous-même & le public vous respectera !… c’est le conconseil que le Gggrrrrand Ziegfield donna à 1 homme popolitique qui par hasard devint d’ailleurs préprésident des Uhessas… & je ne peux que vous recocommander de suivre le mmmême conconseil ! » fit Malcolm qui commençait à claquer des dents

LA SUITE UN DE CES JOURS… 

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Jeudi 16 novembre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

pour les épisodes précédents, voir à gauche :  "Feuilleton Malcolm"...

ce que Malcolm ignorait, c’était que des recherches avaient été effectuées pour le retrouver… les autres occupants de la navette avaient vite été récupérés grâce à la balise incorporée dans leur siège éjectable, mais la sienne était défectueuse & ne s’était pas déclenchée…

 il avait suivi 1 trajectoire si étonnante que les ingénieurs avaient été incapables de la calculer… compte tenu du bide de ce 1er lancement commercial, les actions de l’entreprise avaient – elles aussi – fait la chute libre… en faillite, l’entreprise n’avait pas versé les salaires… aussi, dans ce système uhessien hyper-concurrentiel, les ingénieurs étaient-ils vite partis à la concurrence, haussant les épaules quant au sort du client… « il n’a qu’à appeler son avocat ! » expliquèrent-ils en substance à leur ex-patron, en pointant le ciel avec le majeur…

on voit que la société Inuit est bien plus humaine que celle des jungles urbaines…

les 1ers rejetons de Malcolm commençaient à se déplacer à 4 pattes, lorsque des rumeurs arrivèrent aux portes de la « civilisation »…

des navires marchands danois qui ravitaillaient quelques villages du Groenland rapportèrent la nouvelle d’un chasseur occidental qui faisait des merveilles à la chasse à l’ours…

l’homme de loi qui – sur décision d’1 juge – gérait les affaires de Malcolm en son « absence », & qui était aussi son meilleur ami, décida de se rendre lui-même au Groenland sur les traces de Livingston-Malcolm…

LA SUITE UN DE CES JOURS…

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Jeudi 2 novembre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

c’était le coup de blues… Malcolm continuait d’honorer ses compagnes, mais elles sentaient bien qu’il avait la tête ailleurs…

on avait retrouvé le vieil Attunga… le pauvre vieux était complètement à la masse… il croyait que les esprits de tous les ours qu’il avait abattu sa vie durant venaient le hanter… pourtant il n’en avait jamais tué 1 de trop : il ne tuait que pour nourrir sa famille… il respectait le grand ours blanc & ne s’était jamais fait faute de le remercier avant de lui retirer sa peau pour l’étendre au soleil 1 fois la graisse retirée… désormais, nul ne pouvait approcher Attunga & lui adresser la parole sans qu’il sursaute & ne détale aussi vite que lui permettaient ses jambes usées… probablement allait-il bientôt déposer ses kamiks… il en retirerait la paille & irait s’asseoir sur la banquise pour laisser le froid faire son œuvre…

 

la tribu était donc moins heureuse ces dernières semaines… on lançait bien Malcolm de temps en temps sur 1 ours… mais le cœur n’y était plus… & les ours avaient dû se passer le mot : ils se méfiaient… trop malins les ours… ils reconnaissaient l’odeur de Malcolm & savaient qu’avec lui, ils n’avaient aucune chance… maintenant ils faisaient demi tour au lieu de charger… il restait bien les bœufs musqués dans la prairie, c’est tellement con 1 bœuf musqué… mais leur crâne est si dur… & il y a les cornes… il fallait donc dépenser des cartouches…

 

ça maugréait dans les rangs… Malcolm commençait à être considéré comme un porte-poisse… même ses chiens n’avaient plus le même allant en tirant le traîneau… ils avaient conscience d’être des professionnels, & ils lui jetaient des regards exprimant clairement leurs doutes sur ses capacités de chasseur…

 

en attendant de trouver 1 solution pour son départ, Malcolm fit fabriquer par ses compagnes 1 pantalon « spécial chasse à l’ours » : sur ses indications, elles réussirent à coudre de multiples épaisseurs d’épais cuir de bœuf sur son fond de pantalon, avec ça il se sentait presque confortable pour retomber proprement sur les crânes d’ours… la tribu retrouva le sourire… il fallait voir Malcolm s’envoler dans les airs, propulsé par de vigoureux bras, coiffé de son casque d’astronaute, culotté de son grimpant à fond renforcé… il aurait préféré du kevlar… mais c’est 1 matériau plutôt rare dans le grand nord… somme toute, cela lui rappelait son bref entraînement avant le départ en navette spatiale…

 

il avait testé son invention en se faisant tirer des flèches dans le derrière : ça marchait, il sentait à peine les impacts…

 

évidemment sa silhouette n’en était pas avantagée, mais l’aspect pratique avant tout… il paraissait porter 1 phoque dans son falzar, & il était obligé de marcher en se dandinant, mais en y réfléchissant, ça n’était pas plus grotesque que les déhanchements des mannequins dont les maigres genoux s’entrechoquent à chaque pas dans les défilés de mode…

 

il s’était même demandé si sa forme sexuelle définitive –jusqu’à nouvel ordre- n’était pas due aux stimulations sur son scrotum ressenties à chaque choc sur les crânes d’ours ? car s’il avait fallu renforcer son fond de culotte, il avait aussi fallu laisser assez d’aisance par devant pour la belle défense de morse qu’il arborait en permanence…

 

& chaque soir Malcolm s’exprimait en morse, au grand ravissement de ses compagnes jamais rassasiées…

 

LA SUITE UN DE CES JOURS…  

 

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Mardi 31 octobre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

la vie de Malcolm s’était organisée… il avait appris à dépecer ours & phoques… à découper la viande… il avait même fini par la manger avant de mourir de faim…

 lorsque la tribu n’était pas en transhumance, d’igloo en kayak & de kayak en traîneau, elle se regroupait dans 1 village de cabanes capables d’accueillir des familles nombreuses comme celle de Malcolm, & tous les amis qui venaient le soir pour la veillée à la lumière des lampes fonctionnant à l’huile de phoque, écouter les vieux raconter leurs récits de chasse, la lutte des mauvais esprits & des bons…

 on y riait & chantait beaucoup… puis chacun s’en retournait chez soi, pour se caler au chaud sous les peaux…

 & Malcolm restait chez lui, entouré de sa marmaille & de ses compagnes toujours souriantes…

 il avait toujours la trique pour parler crûment… & son succès ne se démentissait pas…

 au milieu des éclats de rire, elles venaient le chevaucher tour à tour sous les lourdes peaux d’ours qu’il avait vaincus…

 les enfants riaient de voir les ours grogner & s’agiter comme s’ils vivaient encore… les voisins qui passaient près de la cabane souriaient & s’échangeaient des clins d’œils : celui-là n’était pas Inuit, mais sa vigueur & ce qui semblait être sa joie de vivre les rassuraient sur son avenir dans le groupe… d’autant qu’il faisait 1 uvit (« pourvoyeur ») très respectable…

 une nuit qu’il faisait particulièrement doux, la température n’étant pas descendue au-dessous de zéro, la porte était restée ouverte, & la mêlée de bras & de jambes proprement emballée dans les peaux d’ours roula au-dehors…

 autrefois le vieil Attunga avait été 1 redoutable chasseur… lorsqu’il partait seul sur son traîneau, accompagné uniquement de ses chiens & de son fusil, immanquablement il revenait victorieux d’1 ou 2 ours, & sa compagne était fière d’avoir choisi 1 aussi bon pourvoyeur… mais maintenant que les ans avaient courbé son dos, tordu ses jambes & abaissé sa vue, il comptait sur ses fils pour le nourrir & sur ses brus pour lui mâcher sa viande… en outre, il perdait parfois un peu son bon sens… il se trimballait toujours avec son fusil en bandoulière, mais ne tirait plus que sur des corbeaux égarés & c’était bien rare si 1 plume volait lorsqu’il tirait…

 cette nuit là, n’arrivant pas à dormir, il errait dans le village, les pieds nus – il ne pensait pas toujours à chausser ses kamiks & ne sentait plus le froid…

 lorsqu’il crut voir 1 ours sortir d’1 cabane en roulant & grognant, il sentit 1 vague de chaleur revivifier ses vieux membres, & en murmurant des imprécations à l’ours qui semblait menaçant, il épaula & fit feu… heureusement, on ne lui laissait que des plombs de chasse, & non de véritables cartouches…

 Shanuk, la belle enfant aux yeux rieurs & aux joues aussi rebondies que son derrière, se prit 1 décharge de plombs dans ses belles fesses & interrompit son gloussement pour lancer un cri transperçant !

 affolé, Attunga crut que l’esprit qui habitait l’ours lui lançait 1 sort, il culbuta en arrière, & le fusil en tombant cracha 1 nouveau coup qui atteignit cette fois le noble postérieur de Malcolm qui ne comprenait rien à se qui se déroulait mais qui se mit à hurler aussi en se relevant…

 voyant l’ours se redresser, Attunga se remit à son tour sur ses pattes & s’enfuit aussi vite qu’il le put, tandis que Malcolm & Shanuk trépignaient à poil en se tenant le derrière…

 intéressée, toute la tribu sortit, croyant qu’1 fête impromptue s’organisait…

 appréciateur, chacun commentait… qui le sexe érigé de Malcolm, qui les rondeurs de Shanuk… & tous applaudissaient, ravis de la danse…

 il fallu du temps pour que dans les cris de colère de Shanuk, on démêle l’incident…

 & il fallu bien quelques heures pour retirer les plombs des 2 culs blessés…

 cela donna le temps à Malcolm de réfléchir…

 décidément il ne se sentait pas fait pour cette vie… marre de se faire déchirer le cul à chaque épisode !… il voulait retrouver son loft à New-York, son compte en banque bien garni qui devait s’ennuyer à travailler sans lui, & son écran plat accroché dans le salon en face du canapé moelleux…

 dès qu’il pourrait de nouveau s’asseoir dans le kayak, il filerait vers le sud…

 LA SUITE UN DE CES JOURS…

 

 

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Lundi 23 octobre 2006
publié dans : Feuilleton MALCOLM

Malcolm n’appréciait pas ce nouveau jeu… il avait tenté de leur apprendre le cricket, mais ces bestioles ne courent pas les rues absentes d’1 village d’igloos… le golf, mais manque de gazon… le catch féminin dans la boue, mais les Inuits sont bien trop pacifiques…  

 il n’avait hélas pas compris que pour eux ça n’était pas 1 jeu : ils voulaient bouffer & pensaient avoir trouvé le moyen d’économiser leurs cartouches & de préserver les peaux…  

 ces putains d’ours ont la tête dure ! Malcolm couvert de bleus commençait à voir rouge !…  

 mais faut reconnaître qu’à toute chose malheur est bon : il avait fait d’énormes progrès en course à pied…  

 comme la journée passait, plusieurs femmes se retrouvèrent enceintes des œuvres de Malcolm… il fallait absolument qu’il nourrisse sa nouvelle famille ! il avait le congélo, fallait voir à le remplir !…  

 aidé de 2  de ses nouveaux potes, il se fabriqua 1 traîneau solide, pas de compétition, rapide, avec carénage en peau de zob de caribou, mais large & pratique pour s’y balader avec femmes enceintes couchées dessus…  

 on lui donna 4 chiens pour tirer ce monstre de bois & de lanières tel qu’on n’en fabriquait plus depuis des lunes & des lunes de mémoire d’Inuit… « Ob So Lète ! », voilà ce que disaient ses compagnons hilares… mais sans traducteur, allez savoir ce que cela voulait dire…  

 on lui fila aussi 1 fusil, puisque hélas il n’arrivait à rien sans rien… (comme tout le monde)  

 & voilà Malcolm parti chasser l’ours en se demandant quand arriverait Jean-Loup Etienne en expédition pour le tirer de là… Jean-Loup Etienne ou 1 autre : le 1er taxi venu ferait l’affaire…  

 imaginez… Malcolm enfant de la jungle urbaine, fils d’Anita & de Peter, brillant étudiant à Harvard, millionnaire à 25 ans, milliardaire à 30, pour avoir révolutionné le marché le marché des gels intimes féminins, n’ayant jamais rien tenu de plus dangereux dans les mains que sa queue 1 jour de mycose (mais ça n’était pas de sa faute : pouvait pas savoir que cette fille était, enfin…. bon, c’est pas le sujet)… imaginez donc notre Malcolm… sur le cercle arctique, allongé derrière 1 monticule de neige fraîche, mettant en joue 1 ours mâle de belle taille !…  

 il était parti seul, remonté à bloc par les encouragements gutturaux de ses 5 conquêtes aux belles joues rondes & aux ventres rebondis… nom d’1 phoque ! il allait s’faire 1 ours !  

 Malcolm avait oublié de se placer contre le vent… & l’ours polaire n’est pas plus con qu’1 autre… quand il sent 1 odeur d’humain, ça veut dire qu’il y a à bouffer !… quand Malcolm vit débouler sur lui cette masse de muscles roulant sous la fourrure jaunâtre il épaula !…  

 & fit feu !…  

 & puis rien !  

 le fusil s’était enrayé ! trop rageur pour avoir peur, Malcolm se dressa en tenant le fusil à 2 mains par le canon… étonné, l’ours s’arrêta à 3 pas, renifla l’air autour de cette étrange créature, & décida que c’était bon à bouffer… il chargea !  

 Malcolm n’eut le temps de rien faire, il se sentit projeté dans les airs, lui d’un côté, le fusil de merde de l’autre…  

 il doit y avoir 1 ange gardien pour les incompétents à ce point ! Malcolm retomba si proprement sur l’ours qu’il le tua net…  

 c’est ainsi que Malcolm ramena triomphalement sur son traîneau tiré par des chiens rassasiés, son ours vidé de ses boyaux… & que s’accrût sa légende…  

 il boitillait bien 1 peu parce qu’il s’était déchiré le cul sur les dents de l’ours en lui aplatissant le crâne, mais l’ivresse de sa victoire lui tenait lieu de pansement…  

 LA SUITE UN DE CES JOURS… 

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