TOUS LES JOURS : 1 ÉPISODE DES AVENTURES DE GASPARD...
Manon eut le blues pendant quelques jours. Elle abusa avec ses copines de quelques cocktails trop fruités pour sentir l’alcool, & une fois la gueule de bois passée, son esprit se remit d’aplomb, & Gaspard devint un bon souvenir de vacances. L’année suivante, elle avait oublié son prénom.
Finalement, hormis une sexualité énergique mais discrète, la vie de Gaspard n’avait aucun intérêt. Elle s’acheva donc aussi sobrement qu’elle s’était déroulée. Gaspard tomba sur un os, & ce ne fut pas le sien.
C’est dans la piscine du gymnase qu’il rencontra – plutôt brutalement – Karine. Il crawlait à tours de bras lorsqu’ils se percutèrent, crâne contre crâne. L’un et l’autre se confondirent en excuses, puis, endoloris, incapables de continuer leur natation, ils allèrent se détendre au jacuzzi. En réalité tout avait été calculé par Karine qui s’était ainsi lancée dans une attaque suicide comme un missile vers sa cible.
Karine avait profité des confidences de vestiaires, mais plutôt que d’aborder Gaspard comme pour une relation d’affaires, son tempérament dissimulateur l’avait conduite à imaginer une « rencontre fortuite ».
C’était une petite brune aux yeux verts avec un corps provoquant. Bronzée douze mois sur douze grâce aux appareils d’U.V. mis à la disposition des usagers du club, mince, musclée, elle avait une cambrure de reins fantastique & des petites fesses rondes dures comme de la pierre. Elle avait l’habitude dans la salle de sport de voir les hommes bander rien qu’en la regardant, & elle choisissait ses tenues pour cela, tout en prenant soin de ne jamais croiser leurs regards, feignant de se concentrer uniquement sur ses exercices de musculation, elle leur offrait la vue de son corps luisant dans des exercices qui faisait saillir ses seins, ses fesses, puis elle s’éloignait en écoutant les commentaires à voix basse. Elle n’était pas lascive dans sa conduite, mais elle était terriblement, furieusement érotique : peut-être dégageait-elle une dose surabondante de phéromones autour d’elle ? On aurait cru qu’elle en vaporisait son entourage là où elle passait. Dans son sillage, la période du rut s’ouvrait.
Tenant à sa tranquillité, elle veillait à ne jamais choisir ses amants au gymnase. A sa manière, elle aussi aimait la discrétion dans ses aventures sexuelles & une salle de sport n’est pas pour ça le lieu adéquat. Il faut préciser qu’elle était mariée à Vincent depuis huit ans, & qu’elle tenait à ce qu’il ignore tout des frasques de son épouse.
Elle fit une exception pour Gaspard, ayant compris qu’avec lui elle n’aurait pas d’ennuis, qu’il ne ferait pas le tour de la salle en se pavanant & en la désignant du menton comme la bonne affaire du gymnase. C’était arrivé à deux ou trois inconscientes, & de mecs contents d’eux-mêmes en bonnes copines envieuses et médisantes, ce genre d’information s’était vite diffusée, donnant même lieu à de croustillantes scènes de jalousie, de dispute, de claques échangées, de propos offensants & offensés au son d’une musique de discothèque peu indiquée pour les explications chuchotées.
Ca n’est pas qu’elle n’aimait pas – ou plus – Vincent (son mari), mais elle avait besoin de changement… comme ces types qui soutiennent que « génétiquement l’homme n’est pas fait pour une seule femme » uniquement pour mentir à la leur, car sur le plan scientifique eux comme moi seraient bien incapables de démontrer cela ou son contraire…
Vincent avait bien une manie qu’elle avait rapidement remarquée : se gratter le trou du cul était pour lui un plaisir presque sexuel tellement c’était fort… quand ça le prenait, il pouvait se fourrer le médius sur le rebord du trou du cul & se gratter des minutes entières de façon extatique… & on peut dire que ça, oui vraiment, ça l’agaçait, ça l’écœurait même.
Ce n’était pas ce qui l’avait séduite chez Vincent, ça, elle n’en avait rien su jusqu’au mariage. Ce n’était pas non plus son physique, assez quelconque, ma foi. Les attraits de Vincent étaient ailleurs : un bon compte en banque, une grosse berline de luxe allemande, l’assurance, en quelque sorte, d’une vie matérielle confortablement assurée. Elle travaillait dans la même entreprise que lui, mais pas dans le même service. Lui était à la tête de la direction financière, elle, secrétaire du D.R.H.
Vincent lui fit savoir avec assiduité qu’il imaginait plein de choses avec elle, & devint même assez entreprenant. Elle se laissa inviter plusieurs fois au restaurant, accepta quelques chaudes caresses dans la voiture, en accorda quelques unes aussi, mais jamais elle ne donna l’essentiel.
Vincent, chauffé à blanc pendant plusieurs mois finit pas lui proposer le mariage. Elle accepta, mais, même alors : rien avant le mariage. Vincent ne se rendait pas compte qu’elle le menait exactement là où elle souhaitait, par une tactique qui ne date ni d’hier, ni d’avant-hier. Entre-temps, elle fit très attention à limiter ses flirts discrets, pour ne pas perdre l’avantage acquis.
C’est ainsi, sans avoir eu de réelle intimité avec Vincent, qu’il lui fallut la vie conjugale pour rapidement prendre connaissance de son onanisme trou-du-cuesque.
Ca pouvait le prendre dans la voiture, il soulevait alors une fesse et conduisant d’une main, se fouillait le trou de balle avec délectation tout en surveillant la route les yeux mi-clos de contentement. Il ne portait pas de jeans à cause de ça : la toile était trop raide pour y parvenir. C’était parfois dangereux : trop à son bonheur, il arrivait qu’il réagisse bien tardivement à un ralentissement subi, & plus d’une fois il n’échappas que de justesse à l’accident bête.
Autrement, c’était le soir, dans le canapé en regardant un film. Elle calcula un soir qu’il s’était ainsi labouré le trou du cul à travers son pantalon de pyjama pendant douze minutes, c’en était obscène.
Ou bien dans le lit… & il ne se relevait même pas pour se laver les mains !
Elle l’avait confié à des amies, qui lui avaient fait remarquer que c’était moche, mais moins que d’avoir un mari qui attendait d’être sous la couette pour se mettre à péter, car là : il y avait désagrément durable. Elle leur avait alors demandé comment elles avaient réagi : certaines avouèrent avoir adopté la manie de leur conjoint & cela avait renforcé leur vie de couple que de péter à deux… D’autres avaient réussi à calmer ces ardeurs chez leur conjoint, au prix, il est vrai, de quelques scènes mémorables.
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