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"En fait, je trouve que d'une manière globale, et tout bien considéré, l'univers est trop sérieux."
Dick Shaver

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Dimanche 23 décembre 2007
publié dans : Références
Julien Gracq qui vient de mourir

            j’étais revenu à la maison de vacances avec les presque introuvables Paris est une fête de Hemingway & Liberté grande de Gracq
dans le chant énervé des cigales je m’étais installé au soleil près de la piscine… dans le désert du ciel bleu… à l’ombre fraîche des grands arbres… à cette heure chaude de l’après-midi où les oiseaux sont silencieux… je me souviens… un écureuil qui faisait du raffut dans l’arbre au-dessus de moi s’avança jusqu’au bout d’une branche à deux mètres de moi pas plus… & je me gardai bien de bouger
mes mômes qui jouaient au bord de la piscine
ma femme qui dormait ou feignait de dormir sur une chaise longue… ma femme qui ne me parlait plus depuis le déjeuner… depuis que je n’avais pu lui offrir Ce-Collier-En-Vitrine… ma femme aux yeux de verre fumé… ma femme dont je ne voyais déjà plus les yeux & qui ne me regardait peut-être même plus ?
aucun d’eux ne pouvait voir
& ça n’était plus mon fils qui avait sept ans dans la maison de vacances c’était moi… & je sentais l’odeur du café que ma mère faisait réchauffer dans une casserole sur la gazinière au butane
odeur de butane odeur de vacances
& l’odeur des pommes de pin aussi
& des herbes sèches
mon père suivait à la radio les étapes du Tour de France comme je le ferai trente ans plus tard en souvenir de lui… l’odeur du café que ma mère faisait réchauffer dans une casserole sur la gazinière au butane… mon père suivait à la radio les étapes du Tour de France comme je le ferai trente ans plus tard en souvenir de lui mais ça ne le ferai pas revenir… & le lézard vert courait & mon père nous montrait à mon frère & à moi comment l’attraper
on repère les lézards comme on repère les écureuils
pas en cherchant un lézard mais
en guettant le moindre mouvement sur un mur un arbre une pierre… c’est dans un deuxième temps - presqu’immédiatement - qu’il s’agit d’identifier la source du mouvement
on ne peut pas être plus rapide que le lézard mais on peut être aussi immobile que le mur… que l’arbre… que la pierre
c’est la seule façon
mais ça ne ferait pas revenir mon père
ni mes sept ans

Liberté grande
Insérer un canif dont je ne me sers que pour couper les pages
Biberonner un Lusitania de Partagas puisque j’avais tout le temps
Et une boite d’allumettes
Rafler un cendrier propre
Tordre en deux un petit carnet pour prendre des notes
Enfin mon vieux porte-mine Waterman
 
            une fois le cigare préparé & enflammé j’ouvris le petit canif bien affûté & commençai à couper soigneusement… avec le soleil accablant pesant sur ma nuque & mes épaules… je commençai à couper soigneusement les petits cahiers reliés par un fil… le livre posé à plat sur la table… cigare en bouche pour quelques bouffées… les yeux plissés sous la lumière éclatante réverbérée par les pierres blanches de la terrasse
 
            selon les intervalles de la découpe des bribes de phrases venaient à mes yeux… & déjà survenait l’envie d’écrire… parce que Gracq fait partie des vrais écrivains : ceux qui suggèrent… qui donnent à penser… un écrivain exigeant pour lecteur exigeant…

extrait du roman "Le Polar Se Nique"

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Vendredi 6 juillet 2007
publié dans : Références
sur le beau texte de Dick Shaver (cliquez ICI) & les remarques qui ont suivi...
je n'aurai pas l'outrecuidance de jouer les savants pour présenter ULYSSE de James Joyce ni le monologue "intérieur" de Molly Bloom... ni les analyses sur le monologue "intérieur" en général...
oui James Joyce n'en a pas inventé le principe... il a d'ailleurs lui-même écrit à Edouard Dujardin (Les lauriers sont coupés) pour reconnaitre la "dette" qu'il eu envers lui... même si ce qu'il en a fait va tellement au-delà...
pas + que je ne causerai sur les successeurs de Joyce qui ont à leur tour bénéficié de l'apport de Joyce...
à l'heure d'Internet & de Google il suffit de taper "monologue intérieur" ou bien "monologue de Molly Bloom" & vous trouvez toute votre pâture...
on peut toujours intellectualiser l'analyse de l'écriture de Joyce... j'en reste au choc esthétique qu'il provoqua en moi...
& pour ma défense je citerai Joyce lui -même (dans ses Entretiens avec Arthur Power) :
"j'ai donc essayé d'écrire naturellement, en m'appuyant sur l'émotion et en bannissant l'intellectualisme. L'émotion a inspiré la ligne générale et le détail de mon livre. Et, si on écrit ense fondant sur l'émotion, on aboutit àl'imprévisible qui peut avoir plus de valeur - ses sources étant plus profondes - que les produits de la méthode intellectuelle. Lorsqu'on écrit, on doit donner la sensation que l'apparence des choses est en perpétuel changement, fruit de l'humeur et de l'impulsion du moment, contrairement à l'humeur immuable du style classique. (...) la littérature moderne, pour être valable, doit exprimer ce flux."

sur les 1 000 pages environ (en 2 volumes chez Folio) les 68 dernières sont le monologue de Molly / Pénélope épouse de Léopolod Bloom / Ulysse... profitez des 2 dernières jusqu'au Oui. ultime...


eh bien qui a été la première personne dans l'univers avant qu'il y ait personne d'autre celui qui a tout créé qui ah ça ils n'en savent rien ni moi non plus et voilà tout ils pourraient aussi bien essayer d'empêcher que le soleil se lève demain matin c'est pour vous que le soleil brille comme il me disait le jour où nous étions couchés dans les rhododendrons à la pointe de Howth avec son complet de tweed gris et son chapeau de paille le jour que je l'ai amené à me parler mariage oui d'abord je lui ai passé un morceau de gâteau au cumin que j'avais dans la bouche et c'était une année bissextile comme cette fois-ci oui il y a 16 ans de ça mon Dieu après ce long baiser j'en avais presque perdu le souffle oui il a dit que j'étais une fleur de la montagne oui c'est bien ça que nous sommes des fleurs tout le corps d'une femme oui pour une seule fois il a dit quelque chose de vrai et c' est pour vous que le soleil brille aujourd'hui oui c'est pour ça qu'il m'a plu parce que je voyais qu'il comprenait ou qu'il sentait ce que c'est qu'une femme et je savais que je pouffais toujours en faire ce que je voudrais et je lui ai donné tout le plaisir que j'ai pour l’amener à me demander de dire oui et d'abord je ne voulais pas répondre je ne faisais que regarder la mer et le ciel je pensais à tant de choses qu'il ne savait pas à Mulvey et M. Stanhope et Hester et à père et au vieux capitaine Groves et aux marins qui jouaient à pigeon-vole et à saute-mouton et à pète-en-­gueule comme ils l'appelaient sur la jetée et la sentinelle devant la maison du gouverneur avec la machine autour de son casque blanc pauvre bougre à moitié grillé et les petites Espagnoles qui riaient avec leurs châles et leurs grands peignes et la criée le matin les Grecs et les Juifs et les Arabes et dieu sait qui encore des gens de tous les bouts de l'Europe et Duke Street et le marché à la volaille tout gloussant devant chez Larby Sharon et les pauvres bourricots qui trébuchaient à moitié endormis et les types vagues dans leurs manteaux qui formaient sur les marches à l'ombre et les grandes roues des chariots pour les taureaux et le vieux château vieux de centaines de siècles oui et ces beaux Arabes tout en blanc avec des turbans qui sont comme des rois qui vous demandent de vous asseoir dans leur petite boutique de rien et Ronda et les vieilles fenêtres des posadas de deux yeux de feu derrière le treillage pour que son amoureux embrasse les barreaux et les cafés entrouverts la nuit et les castagnettes et la nuit que nous avons manqué le bateau à Algésiras le veilleur qui faisait sa ronde serein avec sa lanterne et O cet effrayant torrent tout au fond O et la mer la mer écarlate quelquefois comme du feu et les glorieux couchers de soleil et les figuiers dans les jardins de l’Alameda et toutes les ruelles bizarres et les maisons roses et bleues et jaunes et les roseraies et les jasmins et les géraniums et les cactus de Gibraltar quand j'étais jeune fille et une Fleur de la montagne oui quand j'ai mis la rose dans mes cheveux comme les filles Andalouses ou en mettrai-je une rouge oui et comme il m'a embrassée sous le mur mauresque je me suis dit après tout aussi bien lui qu'un autre et alors je lui ai demandé avec les yeux de demander encore oui et alors il m'a demandé si je voulais oui dire oui ma fleur de la montagne et d'abord je lui ai mis mes bras autour de lui oui et je l'ai attiré sur moi pour qu'il sente mes seins tout parfumés oui et son cœur battait comme fou et oui j'ai dit oui je veux bien Oui.

pour finir voici comment j'ai imaginé Molly...
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Samedi 19 mai 2007
publié dans : Références
QUI EST L'AUTEUR DE CES LIGNES ?

La tendance à créer un marché mondial est incluse dans le concept même de capital. Toute limitation y apparaît comme un obstacle à franchir.
Aussi s'agit-il d'établir la production capitaliste à la place des modes de production archaïques qui, par rapport au capitalisme, avaient un caractère de spontanéité naturelle. Le commerce n'apparaît plus ici comme une fonction s'accomplissant entre producteurs indépendants en vue de leurs produits superflus, mais comme condition et moment essentiels de la production même.
Il faut que, dans sa sphère, la circulation s'élargisse à mesure que s élargit celle de la production :
1° Elargissement quantitatif de la consommation existante ;
2° Création de nouveaux besoins en ce sens que les besoins déjà existants sont étendus sur une sphère toujours plus vaste ;
3° Production de besoins nouveaux, invention et création de nouvelles valeurs d'usage.
D'où exploration de la nature tout entière en quête de nouvelles propriétés utiles des choses ; échange universel des produits venant de tous climats et pays étrangers ; traitements nouveaux (artificiels) des ressources naturelles pour leur conférer de nouvelles valeurs d'usage ; exploration, d'un bout à l'autre de la terre à la recherche de nouveaux éléments utiles d'innovations applicables à l'utilisation des matières premières connues etc. découverte, création et satisfaction de besoins nouveaux qui surgissent de la société elle-même ; culture de toutes les qualités de l'homme social pour en faire un être aux besoins les plus variés ; c'est là une autre condition de la production fondée sur le capital, puisque la richesse des ressources propres à l'homme fait qu'il est lui-même le produit socia­lement le plus total et le plus universel, et que pour être à même d'en jouir d'une manière multiforme, il doit avoir un haut degré de culture.
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Lundi 14 mai 2007
publié dans : Références

ça fait quelques temps que je tourne autour de ça sans parvenir à me décider… parler des écrivains qui m’ont impressionné… qui ont eu 1 influence sur ma façon de vivre… de voir le monde… de me voir moi-même… là on touche à l’intime… j’ai déjà balancé des noms… Proust… Joyce… Shakespeare… Dante… Montaigne… Rabelais… Céline… on dira que je ne prends aucun risque : ils sont aujourd’hui reconnus dans le monde entier… en même temps, ils sont beaucoup moins lus qu’ils ne sont cités… ces géants m’ont mis sur le cul… ils indiquent la voie à suivre : remettre en cause le langage… les habitudes d’écriture… ne pas s’en tenir à « raconter des histoires » platement… remonter à la source de l’impression… remonter le flux de la pensée… du fugace & du permanent… du mot formulé… soulever le voile des apparences qui masque la réalité…

d’autres que j’appelle affectueusement mes « petits maîtres »… & cela n’a rien de péjoratif… ils sont de grands écrivains… mais comme en jazz tous les saxophonistes ne sont pas Charlie Parker ou John Coltrane, en écriture tout le monde n’est pas Rabelais… & parmi mes « petits maîtres » je citerai Laurence Sterne… Malcolm Lowry… Lobo Antunes… Virginia Woolfe… Bukowski… John Fante… Julien Gracq… Dos Passos… Hemingway… Duras… Claudel… Musil… eux aussi m’ont apporté beaucoup dans la compréhension de l’acte d’écrire…

ces choix sont totalement subjectifs & totalement assumés… ainsi je ne cite pas Faulkner… Flaubert… Balzac… Hugo… Kawabata… Borges… je ne remets pas en cause le statut de géants de la littérature que le temps leur a décerné… le tamis du temps est bien le seul valable qui laisse filer les petits dans l’oubli & ne retient que le autres… mais je suis victime de ma sensibilité de lecteur… lecteur avant tout… ce sont mes chocs de lecture qui déclenchent mon enthousiasme… qui laissent sur mon cortex les mêmes marques que les coups à la tête encaissés par le boxeur… je lis Faulkner en spectateur… je me perds dans Joyce & j’en émerge illuminé… question d’atomes crochus… pas jugement de valeur…

j’ai commencé très tôt à lire… à dévorer les livres… des centaines de noms me viennent à l’esprit… des rencontres ennuyeuses… & des petits bonheurs comme certains qui sortent du cadre étroit dans lequel les catalogues d’éditeurs les cantonnent… Philip K. Dick… Dashiell Hammett… Kurt Vonnegut… Chester Himes…

mon critère est simplement celui de la relecture : qui supporte ou non la relecture ?… je pense alors à ajouter Simenon… Robertson Davies… Giraudoux… Durrell… Zweig… Valéry… Dostoïevski… Cowper Powys… London… Cendrars… Fitzgerald… Melville… Bashevi Singer…

comme chacun je suis incapable de me défaire de mes lectures de jeunesse… Jules Verne… Conan Doyle… Maurice Leblanc… Edgar Rice Burroughs… Alexandre Dumas… Jean Ray… Max-André Dazergues… ou de prime adolescence… Isaac Asimov… Van Vogt… Clifford Simak… Dickens… Baudelaire… Prévert… Steinbeck… Caldwell… Homère… Virgile… & chaque année avec l’automne revient l’envie de me caler dans 1 fauteuil… 1 pipe à la bouche… pour me replonger dans leurs œuvres…

tout ça est très banal bien sûr… & n’a sans doute d’intérêt que pour moi… tout ça pour en arriver à dire quelques mots sur 1 écrivain que je n’ai pas relu depuis plusieurs années… non pas parce qu’il ne supporte pas ma relecture… mais parce qu’il est tombé dans ma vie comme 1 météore & que le séisme qu’il a provoqué a fait que j’ai vécu au moins 2 années pleines – de 18 à20 ans -sans parvenir à me détacher de son influence… jusqu’à ma découverte de Joyce… non pas que je pense qu’il ait bouleversé la littérature autant que Joyce… mais le premier il m’a révélé à l’âge où je passais des nouvelles & des poèmes d’adolescent à la certitude que l’écriture était ma seule véritable, urgente & profonde nécessité, qu’1 autre avait déjà suivi ce chemin – comme Rimbaud pour d’autres… il fut tellement en moi que je n’ai plus éprouvé le besoin d’y revenir après l’avoir lu & relu dans tous les sens…

« Ma décision était prise : je ne voulais à aucun prix devenir un artiste au sens du phénomène, de l’être à part, exclu du courant de vie. Le meilleur de l’art d’écrire, ce n’est pas le mal réel qu’on se donne pour accoler le mot au mot, pour entasser brique sur brique ; ce sont les préliminaires, le travail à la bêche que l’on fait en silence en toutes circonstances, que ce soit dans le rêve ou à l’état de veille. Bref, la période de gestation. »

« Il existe donc en moi un monde qui ne se compare à aucun monde de ma connaissance. Je ne le tiens pas pour ma propriété exclusive – seul mon angle de vision est exclusif, parce qu’unique. »

« J’ai toujours pour principe de faire sauter les ponts derrière moi. Je regarde toujours vers l’avenir. Quand je fais une faute, elle est fatale. Forcé de reculer, je refais en arrière le chemin parcouru – et me retrouve au fond du trou. Je n’ai qu’une sauvegarde : mon élasticité. Jusqu’ici j’ai toujours rebondi. Il est arrivé que ce rebond prît l’allure d’un exploit sportif au ralenti ; mais aux yeux de Dieu la vitesse n’a pas une telle importance. »

« Etre joyeux, c’est être un fou en liberté dans un monde de tristesse et de fantômes… »

j’avais 18 ans… je remettais tout en cause… tout en question… âge auquel on veut bouffer le monde… bouffer tout le monde… changer le monde… parce que si on ne le fait pas à cet âge c’est foutu pour la vie… âge auquel en même temps on doute fortement de soi… la métamorphose en adulte est en cours & il s’agit de ne pas se gourer… on décide de ramper ou bien on cherche à ouvrir des ailes qui ne sont encore qu’embryonnaires…

par la vigueur de son enthousiasme il m’a assuré que je devais croire en moi… que je n’avais plus à hésiter… qu’il ne fallait pas croire au « cauchemar climatisé » comme finalité du monde… qu’installé bien dans le monde pour écrire était la seule chose à laquelle je devais m’appliquer… les doutes se sont définitivement envolés & la certitude s’est installée… non pas sur la valeur de ce que j’écrirai… mais sur le bien-fondé qu’il y aurait pour moi à écrire… qu’autrement ce serait le renoncement à moi-même… que je ne serais alors plus que l’ombre sans chair de ce que je croyais être si je choisissais de me ranger… d’empêcher mon esprit de divaguer…

« Il me fallait apprendre, et cela ne tarda guère, qu’on doit renoncer à tout et ne rien faire d’autre qu’écrire, écrire encore et toujours, même si tout le monde vous le déconseille, même si personne n’a confiance en vous. »

j’avais découvert 1 écrivain de chair… soûl de verbe & de sexe… ivre du sentiment du cosmos… affabulateur gigantesque peut-être mais sincère sur le fond des choses… à l’animalité assumée de notre nature autant qu’à la croyance en notre capacité unique à créer ou à détruire car le choix nous appartient…

le jeune homme en pleine forme que j’étais à 18 ans n’attendait finalement que le coup du starter pour s’élancer dans cette voie… appétit de chair & recueillement dans l’écriture… longs monologues des nuits entières devant des amis ahuris & aux petites heures seul à la table d’écriture…

« Le monde ne commencerait à tirer de moi quelque chose qui valût la peine, que le jour où je cesserai d’appartenir, en membre conscient et organisé, à la société et où je deviendrais moi-même. »

« S’aventurer plus loin, c’était se condamner à aller seul, à ne se reposer que sur soi. »

« Comme j’enfilais mon pantalon, j’aperçus un exemplaire d’Ulysse. Je le pris et, tirant une chaise près de la fenêtre, je me plongeai dans le monologue de Molly Bloom. J’avais bien envie de ficher le camp avec le livre sous le bras »
Henri-Miller.jpg
la boucle se bouclait… d’Henri Miller je suis passé à James Joyce

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Lundi 16 avril 2007
publié dans : Références
 

pour parler brièvement de Jorn Riel (ce qui est 1 gageure, mais le temps du blog est 1 contrainte bien pratique quand on est paresseux : il faut faire court !) j’allume 1 pipe…

 

- la série des « Racontars arctiques » (j’en connais 8, & comme ça n’est pas assez, je les relis tout le temps)

 

entre-temps, ces trappeurs à la fois naïfs & rusés, isolés mais toujours heureux de se retrouver pour descendre des litres d’alcool maison, s’inventent des histoires : des « bobards », qu’ils ressassent, qu’ils enjolivent, il s’agit toujours d’épater l’autre, de se jouer des tours… loin d’1 civilisation dont ils ne se sentent pas faire partie…

 

leur quotidien rude est ainsi ponctué de fêtes & d’événements imprévus… chaque tome est 1 suite d’épisodes… on s’attache à ces types qui ont chacun leur propre personnalité, modestes dans leurs exploits, invraisemblablement hâbleurs dans leurs bobards, l’1 sentencieux, 1 autre incurable dormeur… ce sont les 7 nains sans Blanche-Neige… & la Femme est d’autant plus présente dans leurs rêves & leur histoires, qu’elle est absente en réalité… ils en inventeront 1, dont ils tomberont tour à tour amoureux…

 

le style est simple, dépouillé, & proprement emballant… c’est comme écouter 1 type à la veillée raconter des histoires hilarantes, & parfois 1 peu magiques, qu’il invente au fur & à mesure… on savoure avec gourmandise, & après avoir à nouveau empli les verres & les pipes, on attend avec impatience la suite ! la suite !

 

« Un racontar, c’est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge. A moins que ce ne soit l’inverse ? Qui sait ? Certainement pas moi. »

Jorn Riel

 - la trilogie de « La maison de mes pères »

 

 - la trilogie du « Chant pour celui qui désire vivre »

 

 - « Le jour avant le lendemain »

 

 - « La faille »

 

 - « La maison des célibataires »

 

 les suivants sont absolument à faire lire à vos enfants (ou petits-enfants) :

 

 - « Pani, la petite fille du Groenland »

 

 - la trilogie du « Garçon qui voulait devenir un être humain »

 

 dans cette liste, certains sont littéralement farcis d’1 humour loufoque & pince-sans-rire, d’autres (comme « La faille » : émouvante histoire sur l’écartèlement entre la culture papoue & notre « civilisation », ou bien comme la trilogie du « Chant pour celui qui désire vivre » sur les Inuits) sont plus sombres, mais tout aussi simples & captivants… quelque soit le livre de Riel que l’on a entre les mains, on le trouve toujours trop bref !

 

je m’attacherai plus à détailler les « Racontars » : vivant & travaillant sur la côte nord-ouest du Groenland (terre danoise), 1 douzaine de gaillards sont éparpillés dans des cabanes, à des jours de traîneaux les uns des autres… ils sont chasseurs… 1 fois par an, 1 bateau vient les ravitailler & acheter les peaux d’ours, de renards, de phoques 

 d’abord, en réalité, parce que je fume beaucoup (trop) la pipe quand je suis à ma table d’écriture, & puis aussi parce que fumer la pipe accompagne naturellement le temps du conteur…

 

 or, s’il est 1 conteur, 1 raconteur d’histoires c’est bien Jorn Riel…

 

 ce danois est né en 1931 avec l’envie de raconter des histoires… il a commencé à 10 ans en réveillant son père en pleine nuit pour s’asseoir sur son ventre & lui raconter sa 1ère histoire… & ça dure encore : ses lecteurs sont capables de veiller la nuit pour lire ses « racontars », j’en témoigne !

 

 entre temps, sa vie a été si dense que la résumer est impossible…

 

 sachez qu’il est arrivé le 14 juillet 1946 à Paris pour 3 semaines, à l’âge de 15 ans, avant de rentrer chez lui… qu’à 18 ans, il a réalisé son rêve : partir dans l’arctique…

 

 au bout du compte, il a passé +  de 20 ans de sa vie au Groenland, & dans le Grand nord canadien, en tant qu’ethnographe & « esquimologue » (il y a notamment travaillé avec Paul-Émile Victor)…

 

 aujourd’hui, il se partage entre sa maison en Suède & 1 autre en Malaisie (« pour sérieusement me décongeler », selon ses termes), d’où il s’envole vers la Nouvelle-Guinée avec pour seuls bagages 1 stylo & 1 pipe pour vivre dans 1 tribu Papou en pleine jungle…

 

 il a écrit + d’1 quarantaine d’ouvrages… en France, ils sont parus chez Gaïa Editions (très jolie collection) & chez 10/18…

 

 je l’ai découvert par hasard, voici quelques années dans 1 librairie, en furetant parmi les rayonnages pour trouver de nouvelles lectures… je suis tombé sur 1 tome des « Racontars arctiques » (était-ce « un curé d’enfer et autres racontars » ?), livre mince que j’ai lu presque entièrement dans la librairie, ahuri de rigoler tout seul de ces textes d’1 auteur dont je n’avais jamais entendu parler…

 

 ont été publiés :

 depuis j’achète tous ceux qui passent devant mes yeux…

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Lundi 9 avril 2007
publié dans : Références

 

« Je suis incapable de parler de moi et plus incapable encore de parler de mes livres : je ne les ai pas lus, je les ai seulement écrits. » [Antonio Lobo Antunes] Extrait de la revue Le Magazine littéraire

« L'imagination c'est de la mémoire fermentée. Quand on perd la mémoire on perd sa faculté d'imaginer. »   [ Antonio Lobo Antunes ] - Extrait d'un Entretien avec Catherine Argand - Novembre 1999

 

 

 

Antonio Lobo Antunes est né en 1942 à Benfica dans les faubourgs de Lisbonne et issu de la grande bourgeoisie portugaise, aîné d'une famille de six garçons... il a fait des études de médecine.. durant son service militaire, il est envoyé en Angola comme médecin : 27 mois dans le bourbier de la guerre coloniale (de 1971 à 1973)... il en tirera une partie de son inspiration dans les romans qu'il publie à partir de 1979

à son retour d'Angola, il se spécialise en psychiatrie

il a développé, très tôt, une haine du racisme qu'il justifie par son propre « métissage » : un grand-père brésilien et une grand-mère allemande...

 

Antonio Lobo Antunes vit à Lisbonne... en 1985, il a délaissé la psychiatrie après le succès de son deuxième roman, Le Cul de Judas, pour se consacrer à l'écriture

 

l’écriture de Lobo Antunes exige du lecteur la concentration des grands livres

 

ne le lisant qu’en français, je suis peut-être loin de sa langue réelle, mais j’ai malgré tout le sentiment d’un vocabulaire simple… c’est ce qu’il en fait qui frôle le sortilège… il semble novateur autant que le fut Céline en France…

 

ses romans denses happent le lecteur dans de sombres & humaines histoires tantôt grâce à des dialogues aux phrases brèves qui claquent comme des coups de fusil, tantôt par de longues phrases qui à elles seules racontent 1 histoire :

« Comme à Monção, comme à Esposende, comme dans la Beira, comme en n’importe quel point de ce pays où tout s’incline vers la mer, où l’on sent la présence des vagues dans la chevelure des épis, et dans ces moments-là je me demande comment il est possible d’habiter un endroit qui n’est qu’un rebut du jusant, les vagues se retirent et abandonnent un couvent dans le sable, les vagues se retirent et abandonnent un bouquet de rue, un pilori et une place, les vagues se retirent et abandonnent un hôtel, une prison, un quartier, une messe en plein air, une veillée funèbre, les vagues se retirent et nous abandonnent à table,  en train de manger les légumes verts et le merlan du dîner, les vagues se retirent et m’abandonnent, moi qui suis à la recherche de Johannesburg dans l’appartement désert, à la recherche de la buvette des dimanches et de la bière qui  me rappelle mon enfance, qui me rappelle les cistes, les saules et les bœufs de faïence de Minho, les vagues se retirent et abandonnent un homme avec un magnétophone en bandoulière, incapable de voler, qui demande à me questionner et qui regarde avec méfiance sur le paillasson le casque et la pioche, et moi, fatigué de n’avoir personne à qui raconter tout cela, fatigué du soleil et désirant confier qu’enfin, mon cher, je retournais à Johannesburg en bateau, caché au fond de la cale comme la première fois, et à Solange, et à la mine, je retournais aux wagonnets qui chargeaient des blocs de pierre à trois cents mètres sous la terre, je l’ai invité Entrez, entrez donc, je l’ai conduit au salon, je lui ai offert le fauteuil, je me suis installé sur le sofa, j’ai cru voir par la fenêtre le propriétaire de la buvette me tendre une bouteille, mais non, c’était un mûrier qui faisait signe avec ses feuilles, et j’ai dit en frappant le tapis avec la pointe de l’outil, Vous ne trouvez pas qu’il y a trop de mer, vous ne trouvez pas que le Portugal est un gaspillage d’eau ? »

L’ordre naturel des choses

 

 

n’étant pas 1 professionnel du commentaire littéraire, j’arrête là, en ajoutant simplement 1 commentaire que Gracq a fait sur Proust & qui correspond très bien aussi à Lobo Antunes :

« dans Proust, la prolifération compacte de l’explicite réduit l’implicite abandonné au lecteur à la portion congrue. (…) on ne rêve guère à partir de Proust, on s’en repaît : c’est une nourriture beaucoup plus qu’un apéritif .» (J. Gracq, En lisant, en écrivant)

 

 « Et chaque fois qu'un éditeur me remet l'un des premiers exemplaires de mon nouveau roman, c'est à ma grand-mère que je pense. Je ne sais pas si elle aimerait mes livres, de même que je n'ai jamais su si elle appréciait mes Sonnets à Jésus, mais j'espère qu'elle m'en donnerait vingt escudos et, surtout, le baiser qui accompagnait le billet et que, depuis qu'elle s'en est allée, je n'ai plus jamais reçu. »

Antonio Lobo Antunes

les romans sont écrits à la 1ère personne, on est dans le ressassement… dans la pensée qui voudrait s’enfuir mais le narrateur veut tout retenir… & les souvenirs d’enfance croisent les impressions d’adulte… & si les détails ne restent que des détails, comme d’1 toile impressionniste regardée de trop près – il n’y a pas de sens caché, pas d’ésotérisme, accumulés, ils nous font baigner dans 1 monde & 1 ambiance qui font existence…

 

 

une « pratique » qui m’a d’autant plue que je la pratique aussi… d’autres l’ont déjà utilisée avant… cela permet au flux de la pensée de s’écouler sans rupture malgré les coq-à-l’âne, les images surgissant, les dialogues qui feignent de nous ramener à 1 réalité très terre à terre… & cela devient hypnotique…

dans Le manuel des inquisiteurs, les paragraphes commencent par une minuscule & s’achèvent sans point…

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Dimanche 14 janvier 2007
publié dans : Références

D’ailleurs à tenir pour équivalents progrès technique et progrès véritable, on en arrive – et c’est un signe grave d’aberration psychologique – à faire les choses sans raison profonde, mûrement et sincèrement réfléchie, mais uniquement parce qu’on peut, matériellement, les faire…

(…) C’est l’objet, l’entreprise, la machine, etc., pris désormais pour une fin en soi.

(…) tout biologiste de plein air, tout écologiste vous le dira : la diversité, c’est la vie, et la santé d’un écosystème se mesure à la multiplicité de ses composants comme à la richesse des liaisons internes unissant ces derniers.

(…) Il faut avouer, nous sommes mal préparés à savoir servir la nature, à lui obéir au lieu de la saccager, et l’anthropomorphisme triomphaliste et orgueilleux des grands monothéismes ne nous a jamais appris à respecter, à interroger, à écouter, à comprendre, à aimer la nature, mais bien plutôt à la dominer, à l’exploiter, au besoin à la mettre au pillage, attitude mentale si fortement enracinée qu’il nous est très difficile de lui échapper.

(…) Si notre culture propre s’est engagée dans la voie du progrès matériel et de la religion du profit, regardons au moins avec sympathie et avec respect ceux qui ont choisi la participation à un univers organisé, la réintégration de l’humain dans le cosmique, le reflet au niveau de la vie des lois du monde invisible, ceux pour lesquels le temps est un rythme né de la danse du dieu créant le monde, et la destinée une sérieuse, souvent une héroïque aventure.

Théodore Monod – L’ÉMERAUDE DES GARAMANTES ( Actes Sud, p : 470 à 475)

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Vendredi 1 septembre 2006
publié dans : Références

Si vous voulez lire 2 des auteurs qui m'ont fait le plus rire, lisez Leacock & Benchley... un humour totalement absurde, déjanté, sur 1 ton à peine ironique pour prendre des situations quotidiennes & pousser leur logique jusqu'au bout... dans la même veine que Jerôme K. Jerôme ou Mark Twain...

(Désolé pour la typographie étrange de l'article,mais Over-Blog déconne comme à son habitude & ne cesse de créer des interlignes vierges & des caractères en gras ou  immenses là où il n'y en n'avait pas)

 

 

 

Stephen Leacock…

C’est un des types les plus drôles que je connaisse… Une fois qu’on a commencé à le lire, on ne peut plus s’arrêter. » (Groucho Marx)

 

Stephen Leacock est né en 1869 en Angleterre mais émigra au Canada à l’âge de 7 ans avec ses parents. Il a vécu 1 enfance difficile. Élève brillant mais pauvre, il alla au collège, devint instituteur, puis reprit ses études à l’université de Toronto où il devint enseignant, avant d’être chargé de cours à l’université Mac Gill de Montréal où il obtint son doctorat en économie & sciences politiques… jusqu’à sa retraite en 1936 il y enseignera… il publia en 1906 un manuel « Éléments de Sciences politiques » qui eut un grand retentissement, mais qui ne signale pas son esprit…

 

 

En attendant, de 1894 à 1897 il publia dans diverses revues 21 articles tous plus loufoques les uns que les autres… en 1909, il rassembla ses écrits humoristiques pour les faire publier en recueil : ils furent plusieurs fois refusés… il décida alors de les faire paraître à son compte : en 2 mois, 3 000 exemplaires furent épuisés…à partir de là, il fut édité en Angleterre, les rééditions eurent par dizaines dans le monde entier… d’autres livres suivirent… il est mort en 1944 d’un cancer de la gorge.

 

« La chance : plus je travaille, plus elle me sourit. »

 

« La publicité, c'est la science de stopper l'intelligence humaine assez longtemps pour lui soutirer de l'argent. »

 

« Evitez soigneusement de faire du sport : il y a des gens qui sont payés pour ça. »

 

En juin 1968, la maison de Stephen Leacock fut déclarée monument national par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Le 12 novembre 1969, le gouvernement du Canada émit un timbre de six cents pour marquer le centenaire de la naissance de Stephen Leacock.

  

(…) Il est difficile de savoir exactement comment les millionnaires ont gagné leur argent. Mais il y a une façon : débarquer en ville avec cinq cents dans la poche. Presque tous, ils l'ont fait. Me l'ont-ils assez raconté (des hommes qui possèdent des millions et des millions) qu'en arrivant en ville, ils ne possédaient que cinq cents. C'est ce qui semble leur avoir donné le départ. Moi-même, j'ai essayé à plusieurs reprises. Et une fois, j'y ai même presque réussi. J'avais emprunté cinq cents, et je les avais emporté hors de la ville, puis, j'y suis revenu, en toute hâte. Si je n'avais pas été arrêté par un bistrot en banlieue où je dissipai mon petit avoir, je serais peut-être  riche à l'heure qu'il est.

 

 

« Comment il l'a gagné ? m'a-t-il répondu d'un ton méprisant, mais en ôtant le pain de la bouche de la Veuve et de l'Orphelin. »

 

Les veuves et les orphelins, tiens, tiens, me suis-je dit, voilà une idée. Je n'aurais jamais supposé qu'il y avait quelque chose à prendre là.

 

« Et comment, ai-je demandé prudemment, a-t-il fait pour le leur ôter ? -Voyons, m'a répondu le millionnaire, mais tout simplement en les écrasant sous le talon. Voilà ! » Est-ce que ce n'était pas enfantin ? Depuis, j'ai beaucoup réfléchi à cette conversation, et j'ai décidé que j'essaierais. Si j'en trouve, je me dépêche de les écraser.(…)

Pour un petit précis de culture générale
 (extrait) :

 

 

Robert Benchley… est né en 1889…

 

 

Après de brillantes études, il sortit diplômé de Harvard en 1912 & devint en 1929 chroniqueur pour le New Yorker pour lequel il écrivit jusqu'en 1940. Il signa plusieurs centaines d'articles dans l'entre-deux-guerres, notamment pour Vanity Fair, Life et le New-Yorker.
Aujourd'hui, nombre de leurs ouvrages sont publiés en France, notamment aux éditions Le Dilettante...

Dans les années 30, il fut l’une des révélations comiques du cinéma parlant, à l’instar des Marx Brothers et de W. C. Fields, et recevra un Academy Award pour son film intitulé : Comment dormir ?

Parallèlement, Benchley fréquentait la table ronde de l'Algonquin, un cercle des « esprits » de New York où il côtoie Harpo Marx, George S. Kaufman, et Dorothy Parker. Benchley n'a jamais écrit un livre entier de début à la fin ; il a simplement organisé ses histoires en publications ponctuelles. Plusieurs de ses histoires courtes ont été adaptées au théâtre. En 1943, Benchley annonça qu'il arrêtait d'écrire. Il mourut en novembre 1945 d'une hémorragie cérébrale.

« La plus sûre façon de faire passer quelqu'un pour un crétin est de le citer. » (désolé Mr Benchley, j’ai pas pu m’en empêcher…)

« Il y a deux façons de voyager : en première classe ou avec des enfants. »

« Il m'a fallu quinze ans pour découvrir que je n'avais pas de talent pour écrire. Hélas ! je n'ai pas pu m'arrêter, j'étais devenu trop célèbre ! »

Jusqu’à quand vivrez-vous ? (extrait) :

(…) Si vous mesurez un mètre de haut et pesez dix kilos de trop, et que vous mordiez les mollets des gens au passage, peu importe la durée de votre existence, vous ne serez jamais président. (…)

Premier objectif : trouver le criminel
(extrait) :

(…) Notre théorie de prévention criminelle repose sur une base purement psychologique, mais nous restons ouverts à toutes les suggestions. L'idée est de prendre le criminel en puissance avant qu'il ne se manifeste comme tel et de le tracasser dans le laboratoire jusqu'à ce qu'il en ait assez et soit trop dégoûté pour commettre son crime. Nous avons ainsi fréquemment transformé des criminels en puissance en ermites et en chasseurs sous-marins, en faisant croître en eux l'envie de tout planter là et d'aller se retirer dans un endroit tranquille où personne ne viendrait les embêter. Le gardien du phare de Salt Mackerel Rock est un de nos clients. Il refuse même qu'on lui apporte les journaux.

Cet homme est un cas assez intéressant de maniaque du rhombe déformé, ou spécimen du « rongeur d'ongle inverti » ; ce qui signifie qu’au lieu de vouloir ronger ses propres ongles, il préférait ronger ceux des autres ; peut-être devrais-je dire que ses tendances le portaient dans cette direction, car lorsque nous l'avons appréhendé, il n'avait pas encore tenté le moindre acte de ce genre. (…)

 

(…) L’électricité est de deux espèces : la positive et la négative. Quelle différence ? je présume que la première est un peu plus chère mais plus durable ; l’autre est meilleur marché mais les mites s’y mettent tout de suite.

(…) J'ai appris ça, par hasard, un soir, au club. Il y a un vieux extrêmement riche, une des plus belles figures de tout le lot: une vraie hyène. Je ne savais pas du tout comment il avait fait pour devenir si riche. Alors, un soir, j'ai demandé à un des millionnaires comment le vieux Bloggs avait gagné son argent.

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Mardi 29 août 2006
publié dans : Références

Voici quelques uns de mes "trésors", je suis peu amateur de bd, mais je peux relire les Pieds Nickelés sans me lasser : mon père m'avait transmis ce virus, je l'ai à mon tour transmis à mon fils :

ceci étant daté de janvier 1946 d'après mes recherches sur le web (aucune date sur l'ilustré), je me dis que c'est 1 réédition, puisque le dessinateur Forton est mort en 34...

ci-dessous : les débuts de Pellos...

Né en 1879, mort en 1934, Louis Forton a commencé une carrière de dessinateur en 1904 dans « l'Illustré ». En 1907, il créa Séraphin Labricot, puis « les exploits d'Isidore Mac Aron et Anatole Fricotard ».

C'est dans le journal « l'Épatant » qu'il lance en 1908 (n° du 4 juin) les Pieds Nickelés, voleurs, escrocs, roublards, au service de la France pendant la 1ère guerre mondiale, qui rencontrèrent tout de suite le succès.

Voici donc la 1ère apparition des Pieds Nickelés :

 

 

 

 

A noter : pendant la première guerre mondiale, Louis Forton était au front donc ses dessins n'arrivaient pas toujours au journal. Lorsque certaines planches manquaient, le dessinateur Tybalt faisait les raccords.

En 1924, il créa par ailleurs un autre personnage qui restera dans l'histoire de la bande dessinée : Bibi Fricotin.

Après la mort de Forton, les éditeurs lui cherchèrent activement un remplaçant pour assurer la suite de leur série vedette. Ils choisirent Aristide Perré dès 1934. La série conserva son esprit populaire mais perdit sa dimension politique. Badert prit le relai en 1939. Il élimina le côté crapuleux des Pieds Nickelés et les transforma en Gentlemen Cambrioleurs.

En 1948, il laissa la place à René Pellos (1900-1998)…

A noter : Pierre Lacroix reprit Bibi Fricotin jusqu'en 1988 et dessina trois épisodes des Pieds Nickelés de 1953 à 1954 (Les Pieds Nickelés industriels, Le trésor des Pieds Nickelés et le Rêve des Pieds Nickelés).

Pour cette mini-synthèse, je suis allé m’inspirer principalement des sites suivants :

 

 

http://matthieu.chevrier.free.fr (qui traite à 95% des Pieds Nickelés de Pellos)

http://perso.orange.fr/horstg/pages/Piedsnickeles.htm (traite à 100% des Pieds Nickelés de Forton)

 

 

 

 

 

 

 

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Vendredi 18 août 2006
publié dans : Références

Quand il ne rêve pas de son père, il rêve, mais en cauchemar, du fils qu’un jour il aura peut-être.. Exemple : son fils a quatre ans, tous les deux s’adorent. Ils se promènent en Ecosse, au bord d’une falaise dominant des flots gris déchaînés. Son fils trouve amusant qu’à tel endroit cela ressemble à un toboggan, et malgré les cris de son père, il s’élance et glisse dans la mer en quelques secondes pour s’y engloutir. Réveil.

 

 

 

 

 

La nuit n’est plus l’amie qu’elle a été.

 

 

Quant à la vie, elle ne fait que s’alourdir de chagrins. On croît souvent que les disparitions successives de ceux que l’on aime sont plus difficiles à accepter lorsque l’on est jeune ; mais en prenant de l’âge, il trouve que si cela semble moins violent, ça laisse des traces de plus en plus profondes, la solitude grandit.

 

 

 

 

 

Comment dira-t-il à ce fils hypothétique tout ce qu’il sent en lui ? Comment lui transmettre toute cette sagesse qu’il imagine en lui lorsqu’il ne dort pas la nuit et qu’il réalise qu’il est mortel ? Sagesse qui s’enfuit avec l’aube pour retomber dans une plate attitude crotidienne de tâches sans intérêt... Veille nocturne, torturants tourments tournoyants, régressifs regrets recréés... sans cesse... Méditations sur la paix nécessaire à avoir en soi, sur l’amour à donner sans rien attendre... Tout cela si difficile... Maintenir le passage entre la nuit et le jour pour que les bonnes résolutions parviennent à franchir la médiocrité du jour... Il faut tellement donner... Il faut l’exemple et la loi... L’un sans l’autre n’est rien. Sous la Lune pleine, la nuit tourne de plus en plus à la folie. Quand il ne dort pas, il pense qu’il est malade lui aussi, et qu’il est trop tard pour être curable. Il se complaît presque à tourner et retourner cette idée morbide, en cherchant une attitude héroïque, des phrases définitives, avec une détresse presque physique de laisser derrière lui un fils qu’il ne verra pas grandir, un fils qui ne profitera pas de ce qu’il aurait voulu lui apporter, tellement et tellement trop tard. Il se sent seul. Ca n’est pas la femme qui dort à côté de lui qui assure une présence. Elle dort. Elle l’ignore. Elle se fout totalement de lui et de ses fantasmes de mort. Il ne peut compter sur elle. Il ne peut compter sur personne. Les volets sont fermés, il reste dans le noir, les yeux ouverts, à changer de position toutes les trois minutes. Les heures se succèdent sur l’écran du réveil électronique. Des fois il se rendort. Cette nuit il a vu Dieu. Il ne l&rs