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c’était 1 carnet d’aspect banal... couverture en carton bouilli du genre de celui sur lequel écrivait le grand Hemingway... 1 calepin... le lieutenant de police qui
le ramassa n’y prêta aucune attention... simplement il le prit avec des gants & inséra 1 ticket de métro (c’est tout ce qu’il avait de disponible pour ça)là où le carnet était resté ouvert...
au cas où...
ensuite il le mit dans 1 pochette plastique qu’il étiqueta... oui... comme à la tévé...
lorsque le carton des pièces à conviction ( ?) arriva sur le bureau du capitaine chargé de l’enquête au 36 quai des Orfèvres le carnet resta au fond... personne ne pensa qu’il pouvait avoir 1 rapport avec 3 morts dans 1 troquet parisien... 3 morts qui prises individuellement n’auraient d’ailleurs rien eu de suspectes... c’est l’ensemble qui était remarquable...
on chercha en vain des virus foudroyants sur les cadavres... des poisons divers... rien...
des crises cardiaques banales ayant provoqué chutes & blessures pour le patron du café & son employé... 1 hémorragie à chaque poignet pour le client inconnu : tailladé comme par des lames de rasoir... là c’était plus curieux : comment avait-il pu faire ça dans le café ?... était-il venu avec ses poignets sanguinolents ?...
les seuls témoins étaient morts...
le carton fut rangé dans 1 armoire du bureau du capitaine avec le carnet & l’enquête se poursuivit... façon de parler d’ailleurs car elle resta au point... mort lui aussi... il fallait 1 élément nouveau pour la relancer... autrement sans être refermée elle resterait en suspens...
les journaux qui l’avaient beaucoup évoquée les deux premières semaines finirent par s’en désintéresser...
1 dimanche soir qu’il était de permanence... après avoir mis au propre & imprimé 6 rapports le capitaine ressortit le dossier & le carton...
il vida le tout sur son bureau & le carnet se retrouva naturellement sur le dessus...
il était seul dans son bureau & la porte était fermée alors il en profita pour ouvrir la fenêtre : il n’en avait pas le droit mais ce fumeur de pipe acharné se dit qu’il avait là 1 occasion d’en bourrer 1 & de l’allumer sans déranger qui que ce soit...
il prit dans 1 tiroir sa blague à tabac & la pipe qu’il laissait toujours avec... la bourrer
l’allumer soigneusement & tirer les premières bouffées lui prit moins d’1 minute... ensuite en faisant glisser sa chaise à roulettes il se rapprocha du plateau du bureau pour se concentrer...
il prit le carnet en haut de la pile & l’ouvrit là où le ticket de métro était encore en place
(hé hé hé...)
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