la mer est 1 surface
qui me renvoie comme 1 miroir
elle ne veut pas de moi
comme je ne veux pas d’elle
l’océan profond m’appelle
je m’y glisserai lentement
comme dans 1 lit moelleux
& j’y sombrerai
comme dans le sommeil
coulant comme 1 plomb
vers l’adieu à l’ennui
comme 1 marin des débris & des épaves
qui gisent immobiles pour des siècles & des siècles
non comme ces marins le nez au vent
qui filent sur l’eau en traçant 1 sillon qui se ferme derrière eux
sur le fond je me coucherai mollement
les yeux ouverts là où la lumière ne parvient plus
sous ce lourd manteau de profondeurs abyssales
entre carcasses de galions & carcasses de baleines
là où tout finit en se ressemblant
là où renaît 1 vie microscopique qui se laisse porter vers la surface
& qui enflera & se métamorphosera au cours de cette ascension silencieuse
la vie
à la surface des choses
avec ses illusions
la vie qui se laisse aspirer vers le ciel
comme la mouche attirée par l’ampoule
& qui va se griller dessus
aussi haut que le ciel suis-je allé
aussi profond que l’océan vais-je couler
las des oripeaux du crotidien
mes os blanchiront au fond de la mer évaporée
pendant des milliers d’années
sous 1 soleil refroidi
parmi des milliards d’ossements également blanchis
imprimés dans la vase durcie
palimpseste d’1 monde où tout sera
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