la vie de Malcolm s’était organisée… il avait appris à dépecer ours & phoques… à découper la viande… il avait même fini par la manger avant de mourir de faim…
lorsque la tribu n’était pas en transhumance, d’igloo en kayak & de kayak en traîneau, elle se regroupait dans 1 village de cabanes capables d’accueillir des familles nombreuses comme celle de Malcolm, & tous les amis qui venaient le soir pour la veillée à la lumière des lampes fonctionnant à l’huile de phoque, écouter les vieux raconter leurs récits de chasse, la lutte des mauvais esprits & des bons…
on y riait & chantait beaucoup… puis chacun s’en retournait chez soi, pour se caler au chaud sous les peaux…
& Malcolm restait chez lui, entouré de sa marmaille & de ses compagnes toujours souriantes…
il avait toujours la trique pour parler crûment… & son succès ne se démentissait pas…
au milieu des éclats de rire, elles venaient le chevaucher tour à tour sous les lourdes peaux d’ours qu’il avait vaincus…
les enfants riaient de voir les ours grogner & s’agiter comme s’ils vivaient encore… les voisins qui passaient près de la cabane souriaient & s’échangeaient des clins d’œils : celui-là n’était pas Inuit, mais sa vigueur & ce qui semblait être sa joie de vivre les rassuraient sur son avenir dans le groupe… d’autant qu’il faisait 1 uvit (« pourvoyeur ») très respectable…
une nuit qu’il faisait particulièrement doux, la température n’étant pas descendue au-dessous de zéro, la porte était restée ouverte, & la mêlée de bras & de jambes proprement emballée dans les peaux d’ours roula au-dehors…
autrefois le vieil Attunga avait été 1 redoutable chasseur… lorsqu’il partait seul sur son traîneau, accompagné uniquement de ses chiens & de son fusil, immanquablement il revenait victorieux d’1 ou 2 ours, & sa compagne était fière d’avoir choisi 1 aussi bon pourvoyeur… mais maintenant que les ans avaient courbé son dos, tordu ses jambes & abaissé sa vue, il comptait sur ses fils pour le nourrir & sur ses brus pour lui mâcher sa viande… en outre, il perdait parfois un peu son bon sens… il se trimballait toujours avec son fusil en bandoulière, mais ne tirait plus que sur des corbeaux égarés & c’était bien rare si 1 plume volait lorsqu’il tirait…
cette nuit là, n’arrivant pas à dormir, il errait dans le village, les pieds nus – il ne pensait pas toujours à chausser ses kamiks & ne sentait plus le froid…
lorsqu’il crut voir 1 ours sortir d’1 cabane en roulant & grognant, il sentit 1 vague de chaleur revivifier ses vieux membres, & en murmurant des imprécations à l’ours qui semblait menaçant, il épaula & fit feu… heureusement, on ne lui laissait que des plombs de chasse, & non de véritables cartouches…
Shanuk, la belle enfant aux yeux rieurs & aux joues aussi rebondies que son derrière, se prit 1 décharge de plombs dans ses belles fesses & interrompit son gloussement pour lancer un cri transperçant !
affolé, Attunga crut que l’esprit qui habitait l’ours lui lançait 1 sort, il culbuta en arrière, & le fusil en tombant cracha 1 nouveau coup qui atteignit cette fois le noble postérieur de Malcolm qui ne comprenait rien à se qui se déroulait mais qui se mit à hurler aussi en se relevant…
voyant l’ours se redresser, Attunga se remit à son tour sur ses pattes & s’enfuit aussi vite qu’il le put, tandis que Malcolm & Shanuk trépignaient à poil en se tenant le derrière…
intéressée, toute la tribu sortit, croyant qu’1 fête impromptue s’organisait…
appréciateur, chacun commentait… qui le sexe érigé de Malcolm, qui les rondeurs de Shanuk… & tous applaudissaient, ravis de la danse…
il fallu du temps pour que dans les cris de colère de Shanuk, on démêle l’incident…
& il fallu bien quelques heures pour retirer les plombs des 2 culs blessés…
cela donna le temps à Malcolm de réfléchir…
décidément il ne se sentait pas fait pour cette vie… marre de se faire déchirer le cul à chaque épisode !… il voulait retrouver son loft à New-York, son compte en banque bien garni qui devait s’ennuyer à travailler sans lui, & son écran plat accroché dans le salon en face du canapé moelleux…
dès qu’il pourrait de nouveau s’asseoir dans le kayak, il filerait vers le sud…
LA SUITE UN DE CES JOURS…







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