il dit :
là, les arbres sont en réglisse, les maisons en pain d’épices…
là, le téléphone n’existe pas…
là, on ignore que les gens ne sont pas tous pareils… seule existe la Fédération des Ploucs Unis…
là, le Temps qui passe – dit-on – ne signifie rien…
là, le mime osa… & de ses mains fit une fleur…
là, l’oiseau se posa sur la branche… & comme il ne pesait rien, elle ne plia pas…
là, le monde ne peut même pas briller comme un sou neuf car l’argent n’y existe pas…
là, l’amour se monnaie avec des billets doux…
elle dit :
bah… tu causes, tu causes…
il dit :
j’aime tes armes…
j’aimes tes jambes…
j’aime tes seins…
j’aime tes hanches, tes chevilles…
elle dit :
bah… tu causes, tu causes…
il dit :
j’aime que tu sois libre…
j’aime que tu te moques de moi…
j’aime que mes mots t’indiffèrent…
elle dit :
bah… tu causes, tu causes…
il dit :
j’ai caché mon cœur dans le sein de la montagne…
j’ai caché mon cœur dans la baie au clair de lune…
j’ai caché mon cœur sous un ciel couleur safran…
j’ai caché mon cœur au fond d’une turquoise lagune…
afin que nulle autre que toi sache où prendre mon cœur…
elle dit :
bah… tu causes, tu causes…
il dit :
ton corps est une lyre…
ton corps est une ligne…
harmonieuse & sans rupture…
le plus court chemin jusqu’au plaisir est bien la ligne courbe…
elle dit :
bah… tu causes, tu causes…
il dit :
ta présence me réchauffe…
ta présence me délie…
ta présence me rend patient…
elle dit :
bah… tu causes, tu causes…
il dit :
adorable courbe ruisselante de lumière…
créature de chair tu es…
créature de feu tu es…
sirène sur un banc de coquillages…
elle dit :
bah… tu causes, tu causes…
il dit :
mieux que Prométhée tu m’as apporté le feu…
& je m’embrase avec toi…
elle dit :
bah… tu causes, tu causes…
il dit :
tu dores au soleil…
tu dors au soleil…
elle dit :
bah… tu causes, tu causes…
il dit :
toi tu es ma fleur préférée…
toi tu n’as pas peur de parler de tout…
elle dit :
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