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"En fait, je trouve que d'une manière globale, et tout bien considéré, l'univers est trop sérieux."
Dick Shaver

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Samedi 28 avril 2007
publié dans : POÈMES & ROMANS

coïncidence la nuit tomba à l'instant où se réveilla : schlaaa !... tombée la nuit

se leva salle d'eau visage aspergé d'eau froide cheveux peignés avec les doigts écartés puis direction la cuisine sur la table la cafetière café froid du matin dans l'évier & prépara du frais  du chaud ouvrit ensuite plusieurs portes pour trouver saucisse sèche échalotes miel tout ça avec du pain en fit son repas...

puis s'assit à son bureau une chemise en carton ouverte en évidence contenant de nombreux feuillets couverts de mots… mots écrits à l'encre bleue & annotés à l'encre rouge… éparpilla en un éventail approximatif les feuilles & les considéra avec un intérêt mitigé…

referma la chemise la repoussa vers le bord gauche du plateau… amena à lui un bloc-notes format standard à petits carreaux déjà bien entamé & alluma la radio… se leva pour aller se servir une seconde tasse de café & revint avec… regardait par la fenêtre en attendant... quelque chose…

posa la tasse & ouvrit le tiroir où s’amassait 1 cinquantaine de pipes… en choisit 1 & commença à la bourrer de tabac blond en plongeant la main dans l’énorme pot à tabac

idées inachevées ou fugitives se greffant sur la musique pensées éparses & confuses cherchant un lieu un lien... images chevauchant des associations des réminiscences… l'épiphanie chez Joyce… c'est simplement comme voir un objet pour la première fois… primitivement…soudainement en prendre conscience… le découvrir sous toutes ses faces & ses surfaces en un éblouissement serein : un déclic qui se produit dans le crâne & toute la réalité profonde qui se découvre… là où il n'y avait rien semble-t-il eh bien maintenant il y a quelque chose à côté d'autre chose… quelque chose qui a une forme un sens une présence... il est surprenant n'est-il pas ? c'est la magie de la conscience… très simple... & très subtil... fallait le trouver… comme un poète... & puis comme un génial artisan soumettre sa perspicacité à quelques applications... alors avec ses mains de musicien il est parti creuser dans les mots... ouais !...

embrasa le tabac qui gonfla à déborder du fourneau… le tassa avec le bout de l’index

s'assit de nouveau à son bureau

la température était douce… un souffle d'air frais porteur d’odeurs végétales donnait vie à cette nuit à la lisière de l'été

d'autres idées venaient… différentes… plus intérieures, plus concentrées… même sans arrêter cela prend du temps d'écrire… on semble à la fois aller vite et peiner… les mots se dessinent vite & lentement… les pages se couvrent vite et lentement

la Nuit… & le Temps à genoux

l'odeur du tabac se mêle à celle du café coupé de whisky…  l'artiste est prophète en son pari… il y a des hauts & des bas… la nuit se déchire & chie la voie lactée dans les océans profonds

au coin d’une rue une bande va à l'assaut d'une voiture

le véhicule bute contre un poteau électrique & le suivant le tamponne… les deux voitures explosent… ronflement de la combustion

bientôt il n'y aura plus rien... alors nous pourrons glisser dans le néant

si j'en réchappe ce sera pour toujours... peut-être... peut-être pas... courir dans l'obscurité tiède… ouvrir de secrètes fenêtres sur des émotions qui passent…

une averse à cinq heures du matin & la solitude mélancolique du rêveur éveillé qui soupire un robinet qui gouttegoutte plus loin des enfants qui n'ont nulle part où dormir se rassemblent dans des cages d'escaliers plus loin encore des hommes arpentent les rues glauques à la recherche d'un suicide collectif... tous... êtres errant sans refuge avançant en aveugles

quand le soleil rouge pointe les caniveaux sont des ruisseaux bouillonnants de sang comme de la lave en fusion & qui se tarissent peu à peu avec le lever du jour

la vie de la cité va reprendre les rues sont prêtes la nuit s'enfuit & avec elle ses palpitations qui entrent dans mon être comme un carnaval planétaire un vent d'éternité

j'arriverai fin saoul à l'éternité

nous devenons reptiles

(instruisons-nous du Temps avant que le Temps ne nous instruise)

un mot en provoque un autre… les mots se cherchent eux-mêmes en tâtonnant se reconnaissent se rejoignent… il écrit à l’oreille

en fond sonore maintenant presque imperceptible un disque de jazz... Roy Eldridge & Coleman Hawkins… Eldridge - Hawkins & Coltrane – Ellington… les deux mêmes disques depuis dix ans… deux disques qui lui déchirent le cœur parce qu’ils lui rappellent le temps où tout le monde lui paraissait vivant & lui seul mortel… maintenant… tant de disparus & lui qui reste… toujours abonné aux mêmes disques & au single malt... c’est cela vivre sa mort... c’est être pris au piège du passé au piège des gens qui nous manquent... il le sait, mais c’est plus fort que lui... il boit une gorgée… elle lui remonte dans la gorge… c’est le signe qu’il connaît bien : il pourra boire autant qu’il y aura à boire il ne sera pas soûl… quelle puissance joue donc avec lui pour lui refuser l’asile de l’ivresse & du sommeil sans rêve ?

la nuit est électrique

qui allie le crépitement des feuilles de toutes sortes dans le vent de nulle part à une multiplication ondulante des plans

où est la réalité ? dans cette porte qu’il regarde bien en face… cette porte fermée ? ou dans cette même porte que du coin de l’œil il voit pulser s'ouvrir & se refermer sous l'action d'une main invisible ?

le vent se lève qui chassera bientôt la nuit qui s'en ira à reculons… de mauvais gré

toute la maison craque l’eau circule dans les radiateurs… lorsque dans la nuit les idées sont de nouveau bien alignées chaque grincement du bois des meubles de la charpente de l’escalier devient le signe inquiétant d’une présence invisible

le vent tourbillonnant a amassé les feuilles mortes en tas parfois une feuille se soulève… comme une paupière lourde du grand sommeil… puis s’éloigne doucement... & c’est comme une respiration de la morte saison… nous sommes entre chien et loup… plus chien que loup… les matins sont gris… bourre une nouvelle pipe arrose le tabac trop sec d’une langue de feu debout à la fenêtre il observe impassible les arbres dans le vent les douze chiens errants le martèlement du Temps… en face un homme penché à sa fenêtre scrute l’avenue de droite à gauche & retour puis rentre dans l’ombre, les épaules basses

zig… zag… la volonté… la volonté d’écrire… & que rire… tout vient de là… ouais… tout vient de là… exit les mecs ignobles… adios les filles trop distantes…

mais écrire…

vous végétez alors vous ouvrez au hasard Shakespeare ou Rabelais & vous vous mettez à reverdir… l’exigence... n’oubliez pas… & zig & zag… le côté ensoleillé de la rue n’est pas toujours le plus agréable… on croâconrêve…

dans le rêve on tombe sur des mots… des mots comme hallomégalie… & on apprend qu’il s’agit d’hypertrophie d’un orteil… allus… orteil… allus… allus… phallus… hallucination délire folie… filles aux hanches larges dans le Levi’s à mi-fesses… & zig & zag… nombril à l’air, taille étroite & seins bombés… sous les pulls à col roulé… une explosion de chair chaude… & zig & zag… des pools de poules sous les pulls…

& zig & zag… faire reculer l’horizon dans l’absence des mots… & zig & zag… repousser la nuit… dévoiler les formes… percevoir les couleurs… saisir toutes les gouttes de la mer profonde… avaler la poussière de l’Univers… remonter le Temps… faire trembler les promesses… la mort dans l’âme… à la marge… dans le décalâge des ténèbres… remonter les noyés du petit matin croisant les pendus descendant de la veille… jouer à la feuille morte voltigeant dans le vent d’automne… rester blessé dans sa solitude… pleurer sur l’absence de swing qui fait que tout n’est que bruit & fureur… il y a l’alphabet... souvent alphabête… faut en faire quequ’chose & pas rien… il y a plus de choses au ciel & sur Terre que n’en peut rêver toute ta philosophie Horace … sinon le vers est dans le fruit & la poésie se meurt… & la poésie semeur ? tirer à bout portant sur les malentendus qui bouffent la vie

froid ont les ombres du passé… les sarcophages plaqués d’or ruissellent des sucs des morts… les statues écroulées des dieux oubliés… les colonnes brisées… on remonte la manivelle & tout redémarre

& zig & zag… mot & matière... matière & mot… frémissement du verbe sur vitesse acquise sans troubler l’onde sur la peau l’atermoiement de la chair l’interruption du sentiment… les poètes voient tous la même chose : l’énigme posée par les choses…voir la continuité… tout est onde… le monde entier est onde… de ce que j’entends jusqu’à ce que je vois… & le Temps est matière… grains de Temps dispersés par un hasard métaphysique depuis la soupe cosmique originelle… brèves chandelles errantes nous ne cherchons qu’à nous rassurer

rouleroule le monde comme les têtes rouleroule le monde dans sa ronde folle & désaxée il y avait les pêchés capitaux les pêchés capiteux & le pêché de capital... les gens regrettent hier se résignent à aujourd’hui s’inquiètent de demain... & pourtant tous les jours c’est pareil : c’est la soupe cosmique c’est la coupe comique qui déborde c’est la croupe qu’on nique c’est la croupe cosmique qu’on enfile extarnellement... un trou du cul foireux qui se vide depuis des milliards d’années un cacastrophisme inherrant à sa nature même de trou du cul diarrhéïque & on appelle ça la voie lactée mon cul en haut la gerbe en bas la merde cul en bouche bouche en cul étron étron petit patapon y’a pas à chercher les mots pour le dire... les mots sont là en monceaux las hélas tique le pou qui prend sa tension arthurienne comme un puits sa tension artésienne convocation aux ires célestes punishment sur trente générations spontanées de morpions hip hop hautâme qui nous broutent les couilles sous-culture déraisonnante mais on est toujours le con d’un autre...

souvenir doré d’il y a très longtemps d’un après-midi bleu de ciel limpide au bord de la rivière avec son frère & un ami d’enfance…

les roches brûlantes

l’eau glacée

le torrent qui charrie des blocs de pierre qui rouleroulent bromultueusement

en face sur l’autre rive trop abrupte pour y dresser la tente les pins en formation serrée

en short torse nu les pieds nus échauffés par la marche & plongés dans l’eau vive les épaules la nuque cuisant au soleil

ils ne disent rien ne pensent à rien

ils se laissent berceller par le chant-parlé ondoyellant & roucailleux de la rivellière battellage de l’eau sur les rochers grondellement sourd des cailloux boulant dans le gromulltueux courrellant polyphonie magique de voix féeriques obstinées inlassables matellières & sonalités mêllées

ils respirent dans le soleil l’impalpable embrun qui s’éveille se relève & s’élève dans la transparence de l’air

odeur de l’eau

du flot jaillit l’écume qui s’envole en perles & éclabousse le granit

écailles de lumière sur la pierre miroitante

odeur de la pierre qui sèche rapidement

fusion avec la nature environnante universelle compréhension éternité fugace simultanéité harmonique

pourquoi faudrait-il qu’il se passe quelque chose ?

mais la question sans réponse en attente d'une réponse frappe toujours à la porte… l'écrivain harassé se frotte le menton recouvert d'une barbe de trois jours… est-il tard dans la nuit ? tôt dans la matinée qui s'annonce ? quelle importance ?

bourre sa cinquième pipe de la nuit l'atmosphère de la pièce est totalement brouillée par tant d'émission de fumée chaude & odorante… un rond de fumée puis deux puis trois & écrire pour se demander quoi ?

faut r’monter l’cours des mots… jamais deux fois dans le même fleuve…

le poète n’est qu’une conscience qui se débat qui jamais ne s’endort ses nuits sont blanches ses jours sont rouges c’est comme la lumière tournante d’un phare avancé sur la mer le long de la ligne de fuite le poète descend en soi il descend au secret au sacré dans les profondeurs là où l’art se nique… retrouver l’improbable cohérence originelle solitude profonde plongeon dans l’eau noire il remonte le courant jusqu'à la source les mots sautent dans le parler courant il pose ses filets dans le flot... retenir certains mots laisser les autres s’écouler à travers le tamis il se détache  il se fond en lui il disparaît sous la surface des choses sous les apparences… & reparaît… plein de son étonnement… extralucide il soulève le voile… y’a y’a pas y’a y’a pas pourquoi les chaussons ? il doit sortir du puits où il est en réalité... il doit relever la tête & ce vertige n’est pas moindre… on dit que la Vérité sort du puits on dit aussi qu’elle sort de la bouche des enfants… peut-être sort-elle du ventre des femmes ? elle sort par tous les trous... ma queue est la Vérité ! j’ai les couilles pleines de Vérité ! la Vérité c’est la flèche de la Beauté… au-delà des apparences… car les apparences ne sont pas belles… elles sont superficielles… elles sont trompeuses c’est pourquoi il faut s’élancer au-delà

la transparence n’est pas donnée… le poète est à l’œuvre… l’œuvre n’est pas au poète... il n’y a rien à révéler dans l’eau claire... il creuse il cherche à faire son trou... & le dérisoire l’y fera chuter… c’est la chute de l’ange blessé… les sœurs filandières tirent les ficelles… elles font leur pelote… & au bout l’écheveau devient l’échafaud… c’est aux contours de ce trouble que s’élabore la connaissance... c’est à genoux qu’il avance dans le Temps... comme Pénélope tissant à genoux tout le jour chaque jour le suaire pour défaire chaque nuit l’ouvrage du jour… le Temps tisse ses instants les secondes deviennent des minutes les minutes des heures sur le canevas universel

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Vendredi 27 avril 2007
publié dans : Feuilleton LA CHUTE

2 jours +tard, c’était son anniversaire… il tint à rassembler sa famille dans sa belle villa…

ses parents, toujours à gauche, mais malgré tout impressionnés de sa réussite étaient venus… ainsi que sa sœur… devenue militante anti-OGM, elle se sentait peu d’atomes crochus avec ce frère assoiffé de pouvoir & de prestige, prêt à tout dégommer & à tout déglinguer au nom du libéralisme…

quelques oncles, tantes, cousins, cousines…

les grands-parents étaient tous morts…

entourés de sa femme & de ses enfants, HPN souffla son magnifique gâteau d’anniversaire…

ça faisait 1 bout de temps qu’autant de membres de la famille n’avaient pas été réunis pour son anniversaire…

tu sais ce que ça me rappelle ? demanda-t-il à son fils aîné qui ne répondit pas, sachant pertinemment que c’était ce que son père attendait de lui…

ça me rappelle l’anniversaire de mes 6 ans…

tout le monde écoutait sans moufter

j’avais eu 1 beau vélo ce jour là… c’est ce jour là que je me suis cassé la figure, hein ? fit-il en se tournant vers ses parents qui acquiescèrent en silence

heureusement, il n’y a eu aucune séquelle… quel casse-cou j’étais ! enjoliva-t-il… mais c’était tellement 1 seconde nature chez lui…

il s’interrompit 1 seconde pour se recueillir & savourer ses faux souvenirs de garçon cascadeur prenant des risques incroyables, il finissait par croire lui-même à ses impostures & autres tartuferies…

c’était 1 vélo 1 peu comme le tien, reprit-il en se tournant cette fois-ci vers son cadet…

tiens ! tu vas voir, j’ai encore la forme ! je vais te montrer !…

il enfourcha le vélo adossé contre le mur de la véranda & commença à prendre de la vitesse…

lancé à toute berzingue, il se renversa en arrière pour cabrer le vélo, & pour la 2e fois de sa vie, il se cassa la gueule…

quand il se réveilla, la tête entourée de bandages, dans 1 chambre d’1 clinique de luxe, la lueur qui brillait dans ses yeux depuis près de 40 ans, avait disparue…

il vit sa femme, ses enfants, ses parents, & se mit à pleurnicher : j’suis tombé de mon vélo… j’voulais vous montrer… il est cassé mon vélo, Papa ?…

puis il s’endormit…

très inquiète, la famille tenta de cacher l’accident & ses conséquences… mais –sans doute par les médecins ou les infirmiers- il y eut des fuites… & ce fut 1 beau bordel !…

les opposants à HPN se contenaient difficilement devant les caméras pour ne pas exploser de rire…

les supporters ne se voyaient pas élire 1 Président âgé de 6 ans mentalement… mais le cas n’était pas prévu par la Constitution…

2 jours plus tard, HPN reprit connaissance… & couché sur son lit il prononça ces mots devenus historiques depuis :

Françaises, Français…

mes chers compatriotes…

la France a besoin de vous ! la France a besoin de nous !…

la politique conduite jusqu’alors a été injuste !… elle a favorisé les nantis, elle a accablé les plus modestes !…

je vous propose 1 nouveau pacte pour la France ! je passe 1 contrat avec les Françaises & les Français : votez pour moi !

je vous promets de renforcer les services publics, cruellement privés des moyens de bien remplir leur mission ! il faut embaucher des fonctionnaires pour mieux traiter les citoyens qui ont besoin de ces services publics que sont l’Ecole, l’Université, la Poste, les Télécommunications !…

il faut renforcer la protection sociale, afin que tous soient certains de pouvoir avoir accès aux soins quand ils sont malades !

il faut renforcer la protection des salariés dans le droit du travail, afin de contrebalancer le cynisme patronal !

enfin… parce que cela recouvre tout le reste… comme je me préoccupe du bien-être & de la santé de tous & de chacun, il faut ab-so-lu-ment intégrer dans chaque décision de l’Etat, des collectivités locales, des entreprises, l’ob-jec-tif de préservation, & je dirai même : de res-tau-ra-tion ! de l’Environnement ! mes chers compatriotes… nous ne pouvons pas ainsi continuer de foncer droit dans le mur ! la pollution nuit à notre santé ! bouleverse le climat ! détruit la biodiversité ! quelle planète voulons-nous laisser à nos enfants & aux enfants de nos enfants ?

mes chers compatriotes, aujourd’hui, il n’y a plus de doute en moi… jusqu’à présent j’avais fait fausse route… je ne servais pas les intérêts de la France & des français… j’en ai pris conscience… j’ai changé… faites-moi confiance ! & je vous promets qu’ensemble nous ferons la France + belle !

renié par son parti, il fit 60% des voix au 2e tour

FIN !

n.b. : ne cherchez pas 1 morale à tout ça, portez juste 1 casque quand vous faites les cons sur 1 vélo

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Jeudi 26 avril 2007
publié dans : Feuilleton LA CHUTE

sa voracité de pouvoir était évidente pour tout le monde depuis longtemps…

quand on lui demandait quelle est votre principale qualité, il répondait je suis pressé !… quand on lui demandait ensuite & votre principal défaut, il répondait, toujours avec son sourire carnassier, je suis pressé !…

menée tambour battant, sa campagne fut excellemment orchestrée, il connaissait la musique…

il organisa autant de rumeurs lamentables sur ses adversaires qu’il en combattit… son populisme n’avait guère de limites… comme avait dit 1 fois 1  de ses prédécesseurs : plus c’est gros, plus ça passe !…

il arriva à la veille du 1er tour en tête des sondages… mais il se battait comme s’il était le challenger… il alternait séduction & menaces… sa pugnacité était sans égale, & son culot idem…

il ne l’avait jamais avoué à personne, pas même à son épouse, mais il arrivait au terme d’1 plan élaboré le jour anniversaire de ses 6 ans, & ne laisserait personne l’entraver…

au soir du 1er tour, il put se permettre de jouer les modestes… c’en était presque comique de le voir se forcer à ne pas sauter sur son siège devant les caméras… arrivé en tête, d’1 petit point devant le second, il lui fallait préserver l’acquis, ne pas se déconcentrer dans ce dernier sprint… 15 jours avant le sacre…

la suite & la fin: demain !

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Mercredi 25 avril 2007
publié dans : Feuilleton LA CHUTE

parvenu à la quarantaine, HPN prit d’assaut le parti, & le transforma en machine de guerre à son usage exclusif…

objectif : la Présidence de la République…

chef du parti principal de la majorité, il refusa le poste de 1er ministre… il s’agissait désormais de bien montrer sa différence, même -& surtout- vis à vis du Président, issu du même parti, & qui –en d’autres temps- avait fait la même chose…

sa campagne présidentielle commença donc dès le lendemain de la ré-élection du Vieux…

chaque matin il se brossait les dents en pensant à l’effet de son sourire sur les affiches de la prochaine campagne…

principal soutien du gouvernement, il ne cessait pourtant de le harceler… donneur de leçon partout où il passait… & il allait partout… jour & nuit s’il le fallait… on le surnommait également le « ministre des faits divers », parce qu’il accourrait pour brandir l’étendard de la sécurité à la moindre émeute, du moindre incident mobilisant au moins 10 policiers…

les journalistes qui le suivaient étaient épuisés…

quand, au terme d’1 quinquennat laborieux & sans couleur, HPN put enfin se proclamer candidat à l’élection présidentielle, ça le fit tellement bander qu’en rentrant chez lui assez tard, il réveilla son épouse & fut insatiable toute la nuit… à 6 h00 pétantes, il jaillit du lit vers la douche, pour se préparer à faire la tournée des radios…

la suite demain !

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Mardi 24 avril 2007
publié dans : Feuilleton LA CHUTE

Henri-Pierre-Nicolas était sur orbite…

il démissionna de son entreprise, mais les années qu’il y avait passées lui avaient permis d’enrichir –outre son patrimoine- son carnet d’adresses… on sait que ça compte autant en politique que dans les affaires… surtout que ça se rejoint assez souvent…

en même temps qu’il devint député, il intégra la direction de son parti… les autres dirigeants le supportaient ou non, mais préféraient le garder ainsi à l’œil - & ça ne veut pas dire « gratuitement » : sous toutes les formes, HPN savait monnayer ses influences…

ayant fait ses classes en politique comme à l’école -c’est-à-dire à vitesse accélérée, HPN devint très vite ministre… 1 ministre tonitruant, avec 1 avis sur tout… quitte à empiéter sur les domaines des autres… ça n’avait jamais été 1 problème pour lui…

encombrant, mais incontournable…

parmi ses propres troupes, il se murmurait qu’HPN signifiait « Henri-Prince-Noir »…

parmi ses opposants, c’était plutôt « Henri-Pipeau-Narcisse »…

entre-temps, HPN s’était marié… à 30 ans, il avait déniché 1 jeune vierge de la haute bourgeoisie qui convenait bien à son standing… & ce qui ne gâchait rien, elle avait 1 partie-cul du tonnerre !

en bonne épouse disciplinée, elle lui pondit 2 gosses dès les 3 premières années… tout ça faisait bien sur les couvertures des magazines people qu’il affectionnait…

comme dit Al Cove -1 type plus que bien informé qui connaît tous les secrets, ça, c’est la partie émergée de l’iceberg…

parce que la belle commença à s’emmerder franchement… les nurses s’occupaient des mômes, la cuisinière faisait les courses & à bouffer, la bonne faisait le ménage… restait le chauffeur… qui la chauffait terriblement… & qui finit par la réchauffer agréablement… le syndrome Lady Di…

HPN était toujours absent : sa carrière avant tout…

finalement ce devint 1 mariage pour la galerie… la belle Anaïs –née de la Franchemotte- avait pris le pli… mais discrètement… ses parties de jambe en l’air avaient lieu en général à l’étranger, avec des partenaires de son milieu social, car sa mère –à laquelle elle avait fini par se confier- l’avait sermonnée : couche, si tu ne peux t’en empêcher, ma fille, mais ne te déclasse pas !…

la suite demain !

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Lundi 23 avril 2007
publié dans : Feuilleton LA CHUTE

il entra à HEC où sa tournure d’esprit dérangea peu… là-bas il se sentit comme chez lui, le temps des études…

il ne fréquentait que très peu sa famille… les idées qui y circulaient le hérissaient… malgré le ramollissement du P.S., ses parents y restaient fidèles depuis le congrès d’Epinay en 1971, sa sœur séduite à 12 ans par le discours de René Dumont en 1974 (le seul qu’elle ait trouvé sensé & réaliste) se sentait plutôt pencher vers 1 extrême-gauche mâtinée d’écologie… les repas familiaux étaient devenus de telles engueulades, car il tenait à les convaincre de rejoindre des idées « modernes », c’est-à-dire remettant en cause tout ce que la classe populaire avait gagné en 1 siècle & demi de luttes & de souffrances, que ça tournait à l’aigre systématiquement…

chez les chômeurs il ne voyait que des feignants

chez les mal payés il ne voyait que des incapables

chez les allocataires de toutes sortes il ne voyait que des assistés

chez les salariés il ne voyait que des peureux qui ne prennent aucun risque

chez les fonctionnaires il ne voyait que des bouches inutiles à nourrir

les cadres supérieurs trouvaient grâce à ses yeux

les patrons de grandes entreprises étaient des « chevaliers d’industrie »

l’O.M.C. était sa religion, la Bourse était son dieu, & le CAC 40 était son prophète

il adhéra aux « jeunesses » d’1 parti politique de droite à 22 ans, en même temps qu’il devint le second d’1 directeur financier d’1 grosse boite de machines-outils…

il sut montrer ses capacités en préparant dès le début des années 80, 1 vaste plan de licenciements & de délocalisation en Espagne (à l’époque, on n’envisageait pas du tout les pays d’Europe centrale ni la Chine)

la virulence de ses prises de position, & la conviction qu’il y mettait, le firent remarquer au sein de son parti… il devint le suppléant d’1 vieux député qui lui promit de lui laisser la place le jour où il prendrait sa retraite…

entre-temps, il était devenu directeur général de la filiale espagnole qu’il avait contribué à créer…

être suppléant ne lui convenait guère, à vrai dire… il entama en sous-main 1 campagne discrète dans son parti pour ternir l’image de son mentor… il convainquit certains élus locaux de lui accorder leur soutien en leur promettant de renvoyer l’ascenseur mieux que ça n’avait été fait auparavant… en ratissant le terrain que son député ne visitait plus guère qu’en période électorale, il se créa 1 réseau de personnalités guidées par leur propre intérêt bien compris… aux législatives suivantes, le vieux qui pensait obtenir comme d’habitude depuis tant d’années l'investiture de son parti se trouva fort débarqué quand la tornade Henri-Pierre-Nicolas fut passée…

Henri-Pierre-Nicolas qui prit soin de choisir comme suppléant 1 type totalement transparent qui ne risquait pas de le bousculer…

la suite 1  de ces jours...

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Lundi 23 avril 2007
publié dans : Tous à l'Elysée

pour mémoire, des sondages "confidentiels" chopés samedi sur le site de La Tribune de Genève quand ils sont devenus interdits en France vendredi :

- Sarkozy en baisse à 26% / Royal à 23% / Bayrou à 20,5%

- Sarkozy à 25,5% / Royal 24 % / Bayrou 24 % / Le Pen 5%

- Sarkozy 26,5 % / Royal 25,5 % / Le Pen 16,5 %

Sarkozy l'homme du médaiffe en tête & Royal 2e, c'est tout ce qu'il y a à dire sur la fiabilité, la tendance était là... j'avais à plusieurs reprises expliqué la marge d'erreur d'environ 3,5 % en + ou en  - compte tenu de la taille de l'échantillon (1 peu -  de 1 000 personnes)

aujourd'hui, certains donnent déjà Sarkozy à 53 % au 2e tour contre 47 %... peut-être... la marge d'erreur reste la même...

attendons de voir les reports de voix, ça ne va pas être triste... d'1 côté comme de l'autre...

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Dimanche 22 avril 2007
publié dans : Feuilleton LA CHUTE

Henri-Pierre-Nicolas se remit très vite

en apparence

mais son comportement changea… il devint calculateur… combien de fois avait-il mis le couvert cette semaine ? & sa sœur ? & ses parents ?… pourquoi n’avait-il pas d’argent de poche comme certains de ses copains ?… ses parents avaient-ils dépensé autant pour son noël que pour celui de sa sœur ?… tout y passait… ses parents ne le reconnaissaient plus… son institutrice non plus… à l’école, il exigeait des notes pour tout ce qu’il produisait, il voulait 1 classement à chaque fin de mois entre ses camarades & lui… il réclamait des bons points, des images… dans la cour, il devint mauvais joueur aux billes & discutait chaque bille… chez le boulanger, il voulut négocier le prix de la baguette de pain… il du sortir les mains vides & au galop ce jour là : la boulangère vexée & furieuse avait fait le tour de sa caisse pour le poursuivre jusqu’à la porte de son commerce…

d’1 certain point de vue, tout ne fut pas négatif : année après année il devint le meilleur élève des classes qu’il traversait comme 1 fusée… sur cette lancée, il arriva au bac comme 1 missile & l’obtint à l’âge de 15 ans… ça n’était pas 1 record, mais ça fit tout de même la une des journaux qu’il conserva avec soin dans ce qu’il appelait son « dossier personnel »…

dans cette chemise cartonnée qu’il subtilisa dans le bureau de son père, il commença d’amasser tout ce qui le concernait :

- photos de lui

- images & bons points

- relevés de notes…

le dossier s’enrichit avec les années… il classa par thème donc dans des sous-chemises :

- d’abord par année

- puis il modifia, & choisit le classement suivant qui ne devait + changer : « photos me concernant », « articles de presse me concernant », « dossier sur mes adversaires » (celui-ci se subdivisant à son tour en sous-dossiers), « projets en cours », « relevés de notes », « diplômes », « CV », puis plus tard s’ajoutèrent : « relevés bancaires », « relevés de titres »…

la suite demain !

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Samedi 21 avril 2007
publié dans : Tous à l'Elysée

12 apôtres, mais pas de messie...

souvenez-vous, au cas où vous l'auriez oublié :

dimanche, 1er tour de manège...

alors ? enchanté(e) ?

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Samedi 21 avril 2007
publié dans : Feuilleton LA CHUTE

tout a commencé par 1 chute de vélo… 1 satanée chute de vélo…

jusqu’à ses 6 ans révolus, Henri-Pierre-Nicolas avait été 1 petit garçon tout à fait ordinaire...

c’est-à-dire ni plus bête, ni plus brillant que la moyenne… pas plus agité, pas moins joueur… gentil, aimable…  prenant modérément soin de sa petite sœur Jeanne-Armelle qui avait 2 ans de moins… relativement indifférent aux petits tracas qu’elle pouvait avoir, mais pas jaloux comme le sont certains aînés avec leur cadet…

il mettait le couvert pour le repas du soir, il se brossait les dents 2 fois par jour, il ne suçait plus son pouce depuis longtemps…

il aimait ses parents, il aimait ses grands-parents qui étaient encore tous en vie…

parfois, pour les vacances, la famille se réunissait dans 1 grande maison de famille à la campagne : les aïeux, les oncles, tantes, cousins, cousines… pendant 2 semaines d’été, ça semblait être la fête tous les jours… les grandes tablées, les balades, les jeux…

il avait des copains à l’école, les rencontrait peu en dehors…

R.A.S.

tout changea le jour anniversaire de ses 6 ans…

1 bonne partie de la famille était réunie pour la circonstance dans l’appartement de ses parents, situé au 2e étage d’1 petite résidence d’1 banlieue cossue…

c’était au mois de juin…

il faisait beau, & les cadeaux d’anniversaire avaient été entreposés sur le large balcon qui donnait sur le petit parc de la résidence…

quand arriva le moment de découvrir les cadeaux, Henri-Pierre-Nicolas repéra tout de suite le vélo… 1 vétété qui lui parut de toute beauté… il se vit immédiatement en train de sauter les trottoirs, lever au ciel la roue avant, faire des dérapages avec la roue arrière…

Papa dû descendre sans attendre le vétété au bas de l’immeuble…

Henri-Pierre-Nicolas commença à circuler sur la petite allée cimentée qui faisait le tour de la pelouse bien entretenue…

oubliant qu’il n’avait jamais fait ça qu’en imagination, il donna 1 coup de rein pour basculer la roue avant vers le balcon où la famille réunie lui faisait coucou…

tout arriva tellement vite

le vélo se retourna complètement

Henri-Pierre-Nicolas cogna de la tête sur le ciment & perdit connaissance…

il se réveilla à la clinique, la tête entourée de bandages…

ses parents avaient été rassurés : les radios indiquaient qu’il n’y avait ni fracture, ni caillot de sang

mais au fond de lui, Henri-Pierre-Nicolas n’était plus le même…

quelque chose avait été modifié, d’invisible… & dans ses yeux brillait 1 lueur inaccoutumée…

la suite 1  de ces jours...

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Vendredi 20 avril 2007
publié dans : Tous à l'Elysée

eh oui : quel programme choisir ?

programme tv : toute la tele d'un seul coup d'oeil

 

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Tout le programme France 2

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