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"En fait, je trouve que d'une manière globale, et tout bien considéré, l'univers est trop sérieux."
Dick Shaver

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Mardi 30 janvier 2007
publié dans : Des nouvelles de Pluton...
1er feuillet :

dimanche 28 janvier 2007 : nos tongs s’usent plus vite que prévu… heureusement que nous en avons 1 bon stock… je crois que nous avons été trop rigoristes en la matière… de bonnes chaussures de marche auraient mieux fait l’affaire… nous commençons à apercevoir le mont XXX (je ne donne pas le nom, nous gardons pour le moment notre itinéraire secret) qui est notre repère d’après la carte que nous a aimablement cédé (contre 1 bourre-pif de ma part & 2 taloches de la part de Dick) le vendeur des Puces de Montreuil… hourra ! nous sommes sur la bonne piste !…

lundi 29 janvier 2007 : aujourd’hui nous avons subi 1 forte tempête de cailloux gros comme nos poings… dans le Sahara, ce sont des tempêtes de sable, ici les tempêtes nous balancent de ces pavetons… pas trop de dégâts, mais les chameaux ont été un peu sonnés… nous approchons maintenant 1 région très inhospitalière… même les nomades n’y posent pas 1 sabot de chamal… en effet, 1 vent violent souffle ici en permanence… les chamans affirment que ce sont les esprits des morts qui errent en se lamentant, & que parfois ils se vengent sur les humains en les rendant fous… il est certain que ce vent est moralement épuisant… il faut tout attacher, autrement le vent emporte tout : j’ai ouvert la bouche pour parler à Dick & le vent m’a arraché 1 fausse dent ! heureusement, j’ai 1 mutuelle…

mardi 30 janvier 2007 : la nuit dernière nous avons très mal dormi à cause du vent… sur cette plaine désolée, il ne rencontre aucun obstacle & acquiert 1 force terrible… en outre, il produit 1 mugissement continu… les chameaux ont disparu… sans doute étaient-ils mal attachés ? nous allons devoir porter nous-mêmes nos affaires & notre matériel… il faut donc faire 1 tri : Dick prétend qu’on peut diviser par 2 le nombre de slips & de chaussettes utiles car on peut les retourner pour s’en servir 2 fois… cet argument ne me convainc pas…

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Lundi 29 janvier 2007
publié dans : SARL androïdes et potaches
je pense qu'Orange pourrait me faire 1 réduc' quand je me souviens que j'ai été 1 pionnier du Web & 1 client fidèle à Orange depuis... 1970 :

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Samedi 27 janvier 2007
publié dans : Des nouvelles de Pluton...

jeudi 25 janvier 2007… nulle boite aux lettres où poster mes cartes de vœux… je ronchonne… en plus, le jeudi est jour férié pour les chameaux professionnels : il a fallu les porter, car nous ne voulions pas perdre de temps ! la météo est stable : beau temps

vendredi 26 janvier 2007… 1 chamal ça pue, alors 2 chameaux !… mais il faut continuer ! aujourd’hui, Dick a voulu faire le point à midi : comme son GPS est mort (suite à l’inondation chez lui, la vidange de son lave-linge était bouchée & la moitié de son matos avait pris l’eau), il a ressorti montre, boussole, sextant, fil à plomb & marteau Estwing du vieux sac en toile acheté aux Puces de Montreuil avant le départ (le vendeur lui a certifié qu’il avait appartenu à l’illustre Pr Linddenbrock…)…

résultat : après maints calculs avec 1 mine graphite & 1 épais carnet de pages jaunies au papier quadrillé, nous sommes à Erskine… au nord-ouest du Minnesota… je lui ai arraché son carnet & l’ai jeté au loin : son chameau l’a saisi au vol & l’a bouffé… cela n’entame pas notre belle humeur…

samedi 27 janvier 2007… nous commençons à ressentir les effets du réchauffement climatique…


nos chameaux n’ont pas apprécié… ils nous ont secoués, nous avons les roupettes en feu, il a fallu s’arrêter pour prendre des bains de « siège » relaxants au beurre de yack rance… c’est 1 ration de petit déjeuner qui part…

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Mardi 23 janvier 2007
publié dans : grosse humeur du jour
Soyez rassurés, le maketing progresse...
au nom de l'efficacité & de la loi sacrée du fric, Google & Microsoft scannent vos mails pour mieux vous cibler publicitairement, en attendant pire...
traçage des cartes bancaires, cookies sur disque dur, mises à jour Microsoft bourrés d'espions, mails passés au crible...
dormez en paix, braves gens... les super mastodontes quasi monopolistiques de la communication électronique veillent... & peut-être sur-veillent...
donc vive la loi du "laisser-faire" d'un système économique qui permet la concentration dans des secteurs aussi stratégiques aux dépends de la démocratie & des libertés individuelles...

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Samedi 20 janvier 2007
publié dans : Des nouvelles de Pluton...

j’ignorais en commençant ce blog, que je retrouverais D… sous le pseudonyme de Dick Shaver, & qu’il m’entraînerait dans 1 aventure dont le monde aurait du mal à se remettre…

 

cela faisait bien 25 ans que j’avais perdu D… de vue – pour protéger son anonymat, je l’appellerait Dick, puisque c’est sous ce nom désormais que même des personnalités comme le Dalaï Lama ou Ivan Rebroff l’appellent…

j’avais fait sa connaissance lorsque j’étais étudiant…

pour financer mes études & mon logement, je m’étais fait engager comme danseuse de revue dans 1 cabaret de la rive droite, & dans la troupe, il y avait Dick, qui lorgnait sur le job de meneuse de la revue, mais à dire vrai, il n’avait aucune chance : il n’avait pas la fesse assez ronde, faut bien le reconnaître… lui-même aujourd’hui l’avoue, je cite 1 extrait d’1 interview qu’il a accordé à Télérama pour le 1er janvier 2007 :

« je reconnais aujourd’hui que je n’avais pas la fesse assez ronde… »

en fait, ni l’1 ni l’autre n’était fait pour ce métier… aussi, ayant sympathisé, nous nous mîmes de concert en recherche d’1 autre boulot, lui aussi faisait ses universités…

assez vite nous avions trouvé : il accepta la place d’illusionniste, quant à moi je servais les consommations alcoolisées à des clients hypnotisés par ses tours…

à l’époque il n’avait pas son pareil pour faire disparaître 1 chapeau dans 1 lapin ou découper 1 femme en 3 morceaux… mais il n’a jamais avoué…

& pour ce qui est des lapins... à l’époque les lapins ne parlaient encore & ne se plaignaient pas…

nous travaillions les mêmes jours, & souvent après la fermeture, nous partions souper avec les danseuses & en ce temps de nos 20 ans, nous eûmes quelques bonnes fortunes…

puis la vie est passée là-dessus… j’ai changé de région, lui aussi, & nous nous sommes perdus de vue…

dans le courant de l’année 2006, nous nous sommes reconnus assez rapidement, à certains détails biographiques… c’est ainsi que j’appris qu’il avait fait retraite dans l’Himalaya durant 5 années en vivant dans 1 grotte à 3 000 mètres d’altitude, en n’avançant & ne dormant que sur la jambe gauche & sans se nourrir… ne subsistant que par la force de sa méditation…

de mon côté, après avoir échoué à l’élection présidentielle de 1999 – comme chacun sait – je m’étais reconverti dans la fabrication Made In France de bonnets de soutien-gorge exclusivement de taille 95 C tricotés à la main… je m’étais même spécialisé dans le bonnet droit (1 collègue dans le Jura ne fabriquait que le bonnet gauche)… d’ailleurs dans le métier, vous pouvez interroger les connaisseurs : je suis encore reconnu comme le meilleur spécialiste français pour le 95 C droit…

d’anciennes clientes me contactent encore, mais je leur explique que je ne suis plus dans le métier… elles me demandent alors de venir réparer leur vieux modèle car elles ne veulent pas en changer… mais il faut se baisser de plus en plus, alors je refuse…

c’est en poursuivant de planète en planète l’infâme espion U.M.P. William Bliss que je suis arrivé sur le blog de Dick Shaver, hélas trop tard pour empêcher Bliss de l’envoyer sur Pluton grâce à 1 enveloppe piégée (il s’agissait d’1 vieux modèle de cyclotron des pauvres usagé maquillé en missive atlante : piège habile : Shaver est incapable de résister à ce qui est atlante, il est d’ailleurs l’1 des signataires du Traité de l’Atlante Nord – à l’époque de la Rebellion contre l’Atlante Sud qui avait à sa double tête Ivan Rebroff, voir l’article :

http://ericlow.over-blog.com/article-5068552.html)

j’ai essayé de prévenir D.S. mais trop tard !… ici le résumé de cette triste histoire :

http://shavertron.over-blog.com/article-3578150-6.html#anchorComment

les conséquences ont été désastreuses pour le système solaire puisque nous avons fait disparaître la planète Pluton :

http://ericlow.over-blog.com/article-3628564.html

 

http://ericlow.over-blog.com/article-3628564.html

 

heureusement, j’avais réussi à faire revenir Dick juste avant… il m’avait « suffit » de retrouver à son domicile terrestre l’enveloppe truquée & de la rendre au facteur avec la mention « n’habite pas à l’adresse indiquée », ce qui annulait automatiquement les effets…

 

Dick était revenu riche de sa fromagère épopée plutonnesque : il avait fait fortune dans la vente de tongs aux plutonniens à 5 jambes…

mais en même temps il était devenu énorme : à bouffer uniquement les pizzas qu’il se faisait livrer pour sa nombreuse famille, il est rentré sur Terre en pesant  1 570 kilos… il a fallu le mettre sérieusement au régime avant de pouvoir le faire passer par la porte de son appartement… pour cela, je l’avais accompagné dans son ancienne retraite himalayenne où par la spiritualité du lieu (qu’il préfère au cabillaud pané), il se purgea en suant par tous les pores de la pizza plutonnienne pendant 3 mois en se fouettant avec des branches de laurier (pour faire bouquet garni avec le lieu) & en dansant le kasatchok juste vêtu de cuissardes en cuir de yack…

depuis que tout s’est arrangé pour Dick (il fait de la pub pour des machines expresso : il ressemble à s’y méprendre à Georges Clooney !), il a envisagé de lancer 1 compagnie de voyages interstellaires… son 1er client (1 dénommé Malcolm...) ayant eu quelques déboires, Dick a revendu ses parts de la société à Georges Bush : je crois qu’il lui a donné les papiers dans 1 curieuse enveloppe…

où est Dick maintenant ?

eh bien il navigue de conserve avec moi : nous sommes à dos de chameaux mongoliens en route vers le continent oublié, pour prouver l'existence du monde intérieur... en effet, les chameaux mongoliens sont les seules montures qui supportent plutôt avec plaisir la fumée de nos havanes & ne rouspètent pas quand nous sommes ivres de single malt écossais...

 

photo n°1 : au départ, avant le chargement, devant la grotte de Dick...

photo n°2 : ça y est ! le matériel scientifique est chargé... les caisses de gauche pour les cigares, celles de droite pour le malt écossais... la "parabole" que l'on voit sur le chameau de gauche : c'est le chapeau de Dick contre le soleil... le vieux tas de vêtements sur le chameau de droite : c'est moi qui suis malade à dos de chameau !...

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Jeudi 18 janvier 2007
publié dans : POÈMES & ROMANS

Assis par terre terre lui-même tenta de pousser un cri le ciel était bas un nuage le frôla peuplé d'images heureuses un mélèze piailla et s'enfuit le piano frémit le ciel tombait dessus saisons passées ébranlées par la foudre son esprit s'élevait humide et frais voir le domaine qui borde la mer un rayon de soleil perça il s'élevait ainsi de la matière silence le silence était éternel le silence qui avale tout rencontré des maisons rencontré des vivants rencontré des morts rencontré des instants accouplements plus aucun lien valable avec la conscience de moi-même plutôt de ce lieu insondable comprends rien je heures du matin écueil du poète je demande sans doute la sortie si le col était utérus j'ai croisé une chapelle qui piailla et s'enfuit conversation une amie je retournerai je suis assis Ellington un sein ferme contre mon bras à la gloire de la création remonter à la même altitude qui se tortille le ciel se lamentait omphalos nombril du monde ordalie les devoirs la gravité la ronde la ronde Ellington Holliday don't explain non Anna ne me tourmente pas PAIX AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE quelques êtres s'écroulèrent épieuvre sexuelle si le col était utérus le corps se tendit assez grand pour résister hiératique mon cœur chantait des hymnes hauteur d'homme je vivais dans le bruit les fumées les balbutiements septembre vagues successives violence amour malheureux collines ne voyait plus rien ne poussait nul insecte allais seul rire rassurant corps entremêlés cuisse contre cuisse épaule contre épaule un sein ferme croisé une chapelle STOP marteaux cascadent STOP septembre STOP résistance à la raison STOP faire le point STOP le Temps s'écoule plus lentement STOP non Anna ne me tourmente pas la nuit humide les étoiles qui clignotent je ne distingue bien précieux ? Lien précieux ? On y sentait et c'est d'un endroit semblable le cœur lourd une voix si le col était utérus des flots de pensées les caribous de l'eau jusqu'au poitrail les arbres tout autour pfff c'était le cinéma c'était la nuit c'était la fumée Coleman Hawkins Josua fit the battle of Jericho rues perpendiculaires horizontalités la ville qui n'a pas qui m'a proposé ? PAIX y'a pas faudra que suivre la route les confins les cons finis chien précieux ? Rien précieux ? Des hymnes explosèrent Baudelaire les corps effrénée souffler et frissonner en garder pour plus tard café en garder pour plus tard bière whisky sphères agiles la vie la vie la vie l'herbe était épaisse il n'y avait aucun vent une plage pour nous deux sans distinguer l'horizon pour quelques heures d'ivresse je savais bien que souvent involontairement une fleur sur une épaule trace de lèvres à l'orgasme muet chair bronzée au milieu du drap blanc plénitude des formes comment aurait-elle pu ? Je m'installai confortablement écorchés vifs à quelle heure le ferry-boat ? Pas avant que monsieur Smout ai retrouvé sa moumoute perdue dans une chasse au mammouth monstre préhistorique vieux ferry-boat cette femme qui s'est fait arracher toutes les dents le mouchoir rouge de sang devant la bouche et puis le reste le songe d'une nuit d'été question d'impact la sensualité du visage n'échappe point au promeneur happé par le vent deux ci-devants piaillèrent et s'enfuirent le vent d'ouest le vent qui balade tout pèlerin blasphémateur toi dont l'absence me fait plus terriblement ressentir encore la lancinante solitude de toutes les lecteur paisible et bucolique sobre et naïf de bien jette ce livre saturnien orgiaque et mélancolique si tu n'as fait ta rhétorique chez Satan le rusé doyen jette ! Tu n'y comprendrai rien ou tu me croirai hystérique les hallucinations dangereuses peuvent venir le jour mais elles viennent surtout la nuit non Anna ne me tourmente pas errant dans la ville seul misérable crépuscule tous les bruits du ciel luxuriant hymne de mon cœur irisé devant ta sculpturale beauté andiamante tel un songe fabuleux et sans pitié non Anna ne me tourmente pas j'ai laissé le vent dans le paysage oublié où tous les bruits solitaires du ciel magique ont laissé les gens superstitieux dans le monde excentrique sur la montagne de quartz appel dans la brume érection insoluble chaleur moite sur le paysage ravagé partir au loin moustiques bleus titans enchaînés voyage de relâche dans un port inconnu où ici les corps gisent silencieux les yeux ouverts traversent la réalité sans la voir vers l'intérieur toujours en mouvement dans le ciel un curieux questionnaire interroge le Sphinx dissimulé derrières les pyramides pyramigdales arrachées celle-ci sera appelée Femme sans nombril femme entre toutes les femmes prête à recommencer chairs qui jouissent orgasme stupéfait le miroir reste de glace les seins charnus pointent sous les apparences un appel à Jericho qui répond pond pond des ventres des ventres résonnent de mes assauts ventres crépusculaires transpirant le saintsaint esprit le monde semble se rétrécir c'est l'heure crépusculaire Anna tout le poids et les bruits de mon passé qui sombre combien de fois me suis-je éveillé croyant sentir ton corps près du mien comme ces amputés d'un membre qui croient encore y ressentir une sensation quelconque les dieux sont trop vieux je t'aime tissée dans des mots de poètes oubliés la Toussaint est la fête des morts pourtant tout le monde est triste pas au Mexique non Anna ne me tourmente pas le pays des morts est ici et il faut vivre avec les miroirs même ne réfléchissent plus un miroir piailla et s'enfuit que savez-vous de la détresse ? Non Anna ne me tourmente pas pourquoi je me souviens de tout ça ? Que me reste-t-il à dire ? Vous saviez que je l'aimais et qu'elle m'aimait tant non Anna ne me tourmente pas ma chérie ne me tourmente pas quel est le plus mort des deux ? Que reste-t-il de moi maintenant que j'ai si froid je bois je bois et je reste glacé à m'ôter le sommeil non Anna ne me tourmente pas toutes ces nuits depuis tant d'années je ne suis pas plus vivant que ce pays désert où je vis retiré solitaire somebodied on my mind oh Eve Eve ohé je t'aimais tant tu sais...

 

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Mardi 16 janvier 2007
publié dans : Feuilleton sans polyphosphates

les charcutiers commencèrent à protester : cela faisait du tort au p’tit commerce… ils sommaient les autorités d’agir… déjà les ventes commençaient à baisser… on soldait le jambon, 3 tranches pour le prix de 2 & 1 saucisson gratuit… les mères de famille interdisaient à leurs gamins de parler aux charcutiers… les boutiques étaient vides dès la nuit tombée…

les flics étaient aux 400 coups…

n’empêche… mercredi matin, au lever du jour, sous 1 station de métro aérien on découvrit 1 feu bourgeois en smoking avec 1 tête de cochon posée sur le ventre… le cochon avait l’air de sourire…

sur le bitume gras on pouvait lire en lettres épaisses « JACK »… à l’analyse, c’était du sang de cochon…

le lieutenant & son adjoint étaient dégoûtés de la charcuterie… ils ne commandaient plus que des sandwichs au thon ou au poulet… au poulet… c’est 1 comble !…

à la morgue, en compagnie du légiste & des 3 cadavres, le lieutenant eut 1 sursaut : il venait de se rendre compte d’1 détail…

regarde leurs pieds ! dit-il au légiste

quoi donc ? ils ont des pieds panés ?

mais regarde donc, couillon !… lis la liste des affaires personnelles : y’en n’a pas 1 qui ait encore ses pompes ! où sont-elles passées ?

LA SUITE UN DE CES JOURS…

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Mardi 16 janvier 2007
publié dans : SARL androïdes et potaches








en m'inspirant du Grand Khan Gourou Ivan Rebroff & de son 1er disciple Dick Shaverskaïa, mon programme politique pour 2007 (& je lance 1 pétition de soutien) c'est :

BOUGEZ VOS CHEVEUX !
tel est mon message & vous voyez que j'ai déjà des adeptes ! rien de tel que de bouger les cheveux comme ces gourdasses de pub pour se vider le cerveau par l'oreille droite & cesser de penser à autre chose qu'à la couleur des fringues que j'vais me mettre & au déodorant de d'ssous d'bras... la vie rêvée des tanches... regardez-les : elles ne pensent à rien & elles ont l'air ravi... ouhaaa ça l'fait !... j'me sens toute vide, que du bonheur !... j'm'éclate & j'suis en photo !... c'est TROP génial !...
pourquoi pas nous ?
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Dimanche 14 janvier 2007
publié dans : Références

D’ailleurs à tenir pour équivalents progrès technique et progrès véritable, on en arrive – et c’est un signe grave d’aberration psychologique – à faire les choses sans raison profonde, mûrement et sincèrement réfléchie, mais uniquement parce qu’on peut, matériellement, les faire…

(…) C’est l’objet, l’entreprise, la machine, etc., pris désormais pour une fin en soi.

(…) tout biologiste de plein air, tout écologiste vous le dira : la diversité, c’est la vie, et la santé d’un écosystème se mesure à la multiplicité de ses composants comme à la richesse des liaisons internes unissant ces derniers.

(…) Il faut avouer, nous sommes mal préparés à savoir servir la nature, à lui obéir au lieu de la saccager, et l’anthropomorphisme triomphaliste et orgueilleux des grands monothéismes ne nous a jamais appris à respecter, à interroger, à écouter, à comprendre, à aimer la nature, mais bien plutôt à la dominer, à l’exploiter, au besoin à la mettre au pillage, attitude mentale si fortement enracinée qu’il nous est très difficile de lui échapper.

(…) Si notre culture propre s’est engagée dans la voie du progrès matériel et de la religion du profit, regardons au moins avec sympathie et avec respect ceux qui ont choisi la participation à un univers organisé, la réintégration de l’humain dans le cosmique, le reflet au niveau de la vie des lois du monde invisible, ceux pour lesquels le temps est un rythme né de la danse du dieu créant le monde, et la destinée une sérieuse, souvent une héroïque aventure.

Théodore Monod – L’ÉMERAUDE DES GARAMANTES ( Actes Sud, p : 470 à 475)

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Samedi 13 janvier 2007
publié dans : POÈMES & ROMANS

l’abiroute ressemblait aux pis allées de l’hypermarché : les mêmes hypercons, les mêmes enconsombrements…

mal de tête.

quadruple guirlande de lampadaires, aucune étoile visible, juste la Lune comme point de fuite

au-dessus de l’abiroute des messages lumineux clignotaient. Je me suis demandé si je n’étais pas victime d’hallucinations ?

JOYEUSES FÊTES !

 

BONNE ANNÉE !

 

ROULE PLUS VITE CONNARD !

 

VA T’FAIRE VOIR ÉPÉDÉ !

            comme quoi, depuis que ce con de Claudel avait refusé Gide comme directeur de la N.R.F. après la 1ère G..M. (mais non ! pas la General Motors !) au prétexte de pédérastie & d’anticatholicisme, les mentalités n’avaient guère évolué...

j’insérai une cassette de Franck Albert Hyper Sinatra dans l’autoderadio pour me mettre de bonne humeur... Fly me to the moon... de circonstance... let me swing among the stars... accompagné par Moont Basie... ne cherchez pas : y’a pas mieux... & souvenez-vous que lorsque Lester Hyper Young est mort, dans sa chambre, sur le phono, tournait un disque de Sinatra... peut-être Someone to watch over me ?... & quand Carl Gustav Archi Jung est mort, qu’écoutait-il ? a-t-il eu le réconfort de la musique ?

            concentré sur les primordiales minutes du big band, je ratata la sortie, partie-cul solitaire, embringué à trente à l’heure dans la file de voitures, vague troupeau hippopotamesque au gros cul foireux nauséabond…

j’étais obligé de suivre, bon… j’avais fait le plein d’essence, bon… j’étais au chaud, la musique était bonne... exceptionnellement, j’acceptais cet état de feinte

entre le passage à vide & la blague à tabac il fallait éviter le passage à tabac... je tirai une pipe d’une poche, le tabac, le bourre-pipe & le briquet, & j’m’en préparai une que j’allumai après avoir baissé une vitre...

dix-huit heures trente : l’heure des infos sur France Culture.

exit Franckie, place aux désastres du monde dans l’quel nous survivons...

les éditos entre Noël & la nouvelle année : trouffitruffés de pimpompimponcifs d’une neuneutralité bienveillante, bobonnes intentions à toutour de brabras... pendant qu’on réfléchit au gros menu du prochain réveillon, on glisse deux lignes sur ceux qui sont sans travail & sans logis parce que trop jeunes... ou trop vieux... ou trop étrangers... ou trop diplômés... ou pas assez...

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Lundi 8 janvier 2007
publié dans : POÈMES & ROMANS

Et il y eu ce soir de décembre...

Et cette nuit impitoyable, indescriptible, la nuit la plus longue...

La sonnerie du téléphone lui sembla plus brève, plus sèche, qu'à l'accoutumée, sinistre dans cette particularité.

L'agent de police lui indiqua l'adresse de l'hôpital.

Ouais... La Mort était là

avançant comme un crabe

sautant comme une crevette

marchant comme un saurien

la Mort et son mauvais ricanement

la Mort sur fond de firmament.

La Mort était là.

 

Eve allait mourir... Par la faute d'un misérable chauffard qui s'était enfui après l'avoir renversée...

Ou par la faute de ce monde malade... Ou peut-être par sa faute à lui qui ne savait probablement pas vivre, projetant son drame vers les cieux obscurs,

sombres comme les flots de mes cauchemars à marée haute

sombres comme les dimanches d'hiver pendant la guerre

sombres comme un lugubre hall de gare désertée

sombres comme l'eau du canal où flottent les corps glacés

sombres comme la minute où il sortit les jambes faibles le corps malmené par le vent

sombre et sans illusion déambulant

le regard vide

sombre et sans illusion les bras morts

les pieds devant

sombre et sans illusion les épaules basses

la langue amère

sombre et sans illusion le visage fermé

le corps fatigué.

 

Je suis reparti

traînant ma carcasse sans savoir pourquoi

j'ai quitté l'hôpital

roulant sur mes articulations brisées

tel un pantin disloqué qui vient d'entrevoir l'enfer.

 

J'étais arrivé à la dernière minute

je me suis assis près d'elle sur le lit

elle pleurait pouvant à peine me parler

nos corps torturés essayaient de se réchauffer contre l'autre toujours l'autre

mais c'était trop tard nous étions froids

j'embrassais ses lèvres si chaudes encore au matin

enfouissant mon visage au creux de l'épaule abîmée

sentant son souffle pénible sur ma nuque

quelques instants seulement

pour me faire comprendre toute la vie que nous avions manquée

quelques instants seulement

pour se communiquer tout l'espoir perdu à jamais

elle m'a serré plus fort

s'accrochant à moi désespérément

ses doigts agrippant ma chair

ses ongles labourant mon dos

tout son amour s'exhalant dans un cri rauque

toute sa détresse et sa pauvre résignation

elle m'a serré plus fort

pour sentir encore mon corps contre son corps

ma vie qui restait contre la sienne qui fuyait

elle m'a serré plus fort pour ne pas mourir

pour ne pas me quitter

elle a pressé sa bouche contre la mienne pour nous empêcher de crier

mon front contre le sien

pour ne pas se dire qu'il n'y avait plus rien à se dire

son beau regard plongeant dans le mien

et puis je me suis couché sur elle

comme pour faire l'amour sans se quitter des yeux

le cœur mort à jamais

et elle m'a serré si fort

si fort une dernière fois

que j'ai compris que c'était fini.

 

 

***

 

 

Alors je me suis relevé

et je l'ai embrassée sur la bouche

longuement

si longuement

aucune chaleur ne vint réveiller ce corps perdu

pour me rendre mon baiser

je suis resté si longtemps immobile à regarder ce corps adoré

la chevelure jadis si chaude de l'ange déchu

des infirmières et un médecin sont arrivés

ils m'ont éloigné de cette chambre désolée

où j'avais jeté mon âme

vieille chose sale et inutile

je me suis retrouvé sur un banc dans un couloir désert de Saint-James

ignorant du temps qui avait passé

et puis

péniblement

j'ai quitté l'hôpital

c'était à l'aube

mais à l'aube de quoi ?

l'écho désespéré de ma douleur se répandit dans toute la ville

à un angle de rue un petit chat gémissait

je me suis accroupi devant lui

lequel des deux était le plus désemparé ?

je l'ai glissé entre mon pull et la chaude doublure de ma veste

et j'ai marché

marché

jusqu'à ce que les gens commencent à sortir de chez eux

et je me suis jeté sur le lit trop grand trop froid.

 

Nous avions oublié que la mort existait

dans notre ivresse nous nous étions cru invincibles.

 

Eve venait de mourir.

 

La Mort était passée.

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Samedi 6 janvier 2007
publié dans : POÈMES & ROMANS

2

comme tous les lundi soir, il s’assit dans la petite salle voûtée pas encore enfumée du cleub de jazz à la table devant laquelle se serreraient les musiciens…

 ils n’arriveraient pas avant au moins 1 heure, mais comme ça il avait le choix de sa place…

 les auditeurs étaient tardifs en général, & il aimait s’installer tranquillement, commander 1 gros sandwich & 1 bière brune pour commencer à le manger tranquillement en lisant 1 journal ou  en feuilletant la programmation annoncée pour le mois…

 il bourra 1 pipe de tabac blond coupe fine, & but la dernière gorgée de bière, puis il embrasa le tabac en prenant son temps…

 deux musiciens étaient arrivés : ils avaient déposé leurs instruments contre le mur près du piano & étaient repartis en direction du bar…

 son dos le faisait souffrir… pas plus que d’habitude, pas moins non plus… 25 ans de sports de toutes sortes & de gamelles diverses sans jamais prendre ça au sérieux, & à 40 piges il n’était plus foutu de rester longtemps assis sans que son dos se raidisse… quand il se relevait, il lui fallait toujours marcher courbé pendant 3 ou 4 pas avant de pouvoir se redresser… bah… y’a pas mort d’homme, pensa-t-il, grimaçant en traînant la patte vers les toilettes…

 les chaises inconfortables étaient maintenant presque toutes occupées… la fumée commençait à masquer le plafond jauni & les conversations se mélangeaient….

 le bon vieux Sam parut de derrière 1 poteau, maigre & courbé, tenant dans 1 main 1 verre bien plein de Bloody Mary… Sam lui fit 1 clin d’œil & posa son verre sur sa table près du verre vide…

 Sam s’assit derrière sa batterie & commença pour lui-même de tapoter les peaux du plat des doigts…

 tout le monde en place… le trompettiste lança 3 notes & la machine à swing entama sa longue soirée sur le rythme carré mais ô combien subtil de Sam Woodyard qui semblait perdu dans ses pensées…

 1 jeune femme seule prit possession de la chaise libre… elle croisa ses avant-bras sur la table & ses seins vinrent s’y poser comme 2 belles colombes…

 il commanda 1 nouvelle bière irlandaise & elle profita de la présence du serveur pour commander la même chose…

 verre en main, ils trinquèrent en souriant…

 la nuit avait été courte… lorsqu’il s’assit sur le bord du lit, il constata que son dos avait décidé de le laisser tranquille… la belle fille se colla à son dos & lui caressa les épaules…

 qu’est-ce que tu prends le matin ? demanda-t-elle

 la même chose…

 & il se recoucha

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Samedi 6 janvier 2007
publié dans : POÈMES & ROMANS

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à 32 ans, il ne se serait pas défini comme dépressif…  mais en lui-même, il admettait que depuis quatorze mois qu’elle avait été tuée par 1 chauffard même pas ivre – juste pressé, son état moral était au-dessous de zéro & ne paraissait pas remonter…

 

 

somnambule, il allait & venait dans sa propre vie enfermé en lui-même… avec l’impression étrange d’être dédoublé… de se voir lui-même…

 

 

il se levait le matin, se douchait, buvait son café, sortait faire quelques courses, répondait au téléphone… il répondait à ceux qui lui parlaient, il répondait, il répondait… mais il n’allait plus au-devant des gens… il en était, au moins provisoirement, incapable…

 

 

elle était là… à ses côtés… il le sentait… & dans le grand lit il croyait encore percevoir son empreinte, sur l’oreiller son parfum, près de la fenêtre son ombre…